Naturalist, la nouvelle application collaborative pour la sauvegarde des espèces volatiles


Le paysage du jeu vidéo ludique francophone a été marqué durant l’été 2016 par l’arrivée de Pokémon Go. Ce nouveau jeu sur smartphone permettait aux fans, et néophytes, de Pokémon, d’aller chasser et collectionner en réalité virtuelle, toutes les mignonnes créatures de l’univers de l’animé.

En solo ou en groupe, équipés de leur téléphone, les apprentis chasseurs partent, parfois, sur plusieurs kilomètres chasser des petites bêtes en pleine nature. Et mine de rien, finalement, ces personnes contribuaient, d’une certaine manière, à la science.

Comment ? me diriez-vous. Eh bien, en poussant les personnes à collecter différentes données, à observer, etc. Une vidéo de DirtyBiology explique cela très bien de manière ludique :

https://www.youtube.com/watch?v=hEBZ0chwtAk

Oui, alors on est d’accord, observer des Bulbizarres, Papilusions ou autres Feunards dans la réalité n’a pas trop de sens. Toutefois, le principe de participation des citoyens pour la science n’est pas nouveau !

Plusieurs projets scientifiques, bien réels, existent sur le fonctionnement du crowdsourcing, ou science citoyenne. Par exemple, OpenStreetMap est totalement fondé sur ce fonctionnement. La très célèbre encyclopédie en ligne, Wikipédia, compte également sur le savoir du citoyen pour s’alimenter. Mais il y a d’autres projets et applications qui existent, tels que Galaxy Zoo[1] qui permet de classifier les galaxies dans certaines catégories ; [email protected][2] : « visit a comet and collect and return dust from it for study on Earth.”

 

C’est dans le même esprit que l’on peut retrouver alors l’application NaturaList faite en collaboration avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO). Cette application a pour but de faire participer les citoyens pour la sauvegarde des oiseaux. Pour cela, il suffit d’entrer des informations dans la base de données, qui sera ensuite envoyée à l’association LPO.

Logo de l’application NaturaList

Cela va permettre non seulement de savoir quelles populations d’oiseaux sont présentes sur le territoire français, mais aussi leur nombre, à quelle période de l’année elles sont présentes, etc. Ce traçage, qui est nécessaire pour que les scientifiques puissent étudier les migrations des oiseaux, demande beaucoup de temps et d’argent. Pour pallier à cela, cette application gratuite va permettre de mobiliser les passionnés pour contribuer de manière ludique à la récolte de données. Grâce à cela, les chercheurs vont pouvoir suivre les phénomènes de migration selon les types d’espèces, pouvoir les comparer avec les années précédentes, voir l’impact probable du réchauffement climatique sur le comportement des oiseaux, etc.

La donnée étant la base de toute étude empirique, la participation des citoyens dans la récolte de ces données est donc absolument nécessaire et primordiale. Sauf qu’on le sait bien, envoyer des chercheurs ou même des stagiaires sur le terrain durant plusieurs années est très coûteux tant financièrement que par le temps qui est compté. La solution d’une application gratuite et facilement utilisable sur smartphone, par toute personne intéressée par les oiseaux, est donc parfaite pour ce type de tâche : chronophage et qui nécessite un suivi sur du long terme.

Interface de l’application Naturalist, Interface de l’application NaturaList, http://franche-comte.lpo.fr/index.php?m_id=20168

Comment ça marche alors ?

  • Tout d’abord, le fond de carte, a d’abord été conçu spécialement pour l’occasion, d’après le site du LPO de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA)[3]. Ce sont des données de la Nasa et d’OpenStreetMap qui ont permis de faire cela. L’emprise est donc à échelle européenne, ce qui a un véritable sens, lorsqu’il est question de faire du recensement d’animaux.
  • Selon le site du LPO de Franche-Comté[4], il suffit de se logger avec son mail et un mot de passe.
  • On peut enregistrer tout type d’animal ! Que ce soit des « mammifères, amphibiens, reptiles, papillons, libellules, etc. »
  • Enfin, on peut retrouver facilement toutes les avancées et résultats sur le site data.biovision !

En conclusion, ce type de procédé innovant est extrêmement profitable pour les avancées de la science qui demande souvent une pluralité de données. Ce genre de nouvelle technique permet alors d’avoir une base de données forte, même si quelques biais sont possibles évidemment. Enfin, d’après l’article rédigé sur le site de la LPO PACA, c’est aussi « un excellent moyen de découvrir notre environnement et encourager les naturalistes en herbe. » Et finalement, on peut protéger la biodiversité, la faune et la flore tout en s’amusant !

 

Fanny Di Tursi


Sources :

[1] https://www.galaxyzoo.org/#/story

[2] http://stardustathome.ssl.berkeley.edu/about/stardusthome/

[3] LPO PACA, Thierry Micol, https://paca.lpo.fr/association-protection-nature-lpo-paca/toute-l-actualite/actualite/6334-la-saisie-naturalist-dans-la-poche, publié le 13 octobre 2016

[4] http://franche-comte.lpo.fr/index.php?m_id=20168

 

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