Mise en service de Galileo


Équivalent du GPS américain, le système de positionnement européen Galileo entre en service aujourd’hui même. Une quinzaine d’années après le lancement du projet et malgré quelques déboires et retards conséquents (6 ans) sur le calendrier initial, le système Galileo émet enfin à partir d’aujourd’hui. Le premier satellite a été lancé en 2011, mais ce n’est que grâce au lancement par Ariane 5 de 4 nouveaux satellites le 17 novembre, portant leur nombre à 18, que la constellation est suffisamment dense pour pouvoir commencer à émettre.

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Modèle de satellite Galileo exposé en 2012 (Source)

 

L’Europe avec Galileo entre ainsi dans un secteur très concurrentiel, dominé largement par les américains et le GPS, malgré la présence des systèmes Glonass (russe), Beidou (chinois) et dès 2017 IRNSS (Inde). C’est que dans ce secteur, il est d’une importance stratégique pour les grandes puissances de posséder un système qu’elles contrôlent, assurant ainsi leur autonomie. Galileo fonctionnera en interopérabilité avec les autres systèmes mais compte bien prendre le pas sur eux. En effet, Jean-Yves Le-Gall, le président du Centre National des Études Spatiales (Cnes) explique « on part en retard mais on court beaucoup plus vite ».

C’est que Galileo a une avance technologique nette sur les autres systèmes. Ainsi au moins un satellite sera visible en tout point sur la Terre 90% du temps, et surtout le signal reçu pourra être authentifié pour éviter de possibles leurres. C’est un gage de sécurité indéniable pour les professionnels et services gouvernementaux travaillant dans la sécurité ou la défense. La précision métrique (au lieu de 10m environ) sera déjà une avancée majeure, mais un service payant permettra même d’approcher la précision centimétrique ! Comme l’explique Maros Sefcovic, commissaire européen à l’Énergie, « Galileo augmentera de dix fois la précision de la géolocalisation et c’est la prochaine génération de produits technologiques comme les voitures autonomes, les appareils connectés ou les équipements et services de la ville ‘intelligents’ qui en profitera ».

Autre secteur qui bénéficiera grandement de ce nouveau système, il s’agit de l’aide aux opération d’urgence. Galileo améliorera la capacité de localisation des appels de détresse dans le monde entier. Ces services dépendent des satellites et de leur capacité à détecter les balises de détresse. A l’heure actuelle il peut se passer 3 heures avant qu’un satellite passe suffisamment près d’une balise pour la détecter, et la précision ne sera que de l’ordre de 10 kilomètres. Avec Galileo le signal sera repéré en moins de 10 minutes, et réduira la zone d’étendue à 5km (surface 75% plus petite).

Le signal de Galileo peut être capté dès aujourd’hui, mais en réalité seule une poignée de personnes le pourront réellement, car les puces présentes dans les smartphones doivent être compatibles, ce qui est encore le cas de très peu d’appareils. Mais les principaux constructeurs de puces (représentant 95% du marché) sont déjà en train de les produire. La diffusion de cette technologie va donc avancer de paire avec l’extension de la constellation de satellites, puisque la couverture devrait être complète en 2020 lorsque 30 satellites seront en orbite. En attendant Galileo fonctionnera en association avec le GPS, profitant à la fois de la couverture de l’un et de la précision de l’autre.

 


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