La France s’agrandit ! 500.000 km² d’espace marin, ce n’est pas rien. 1


Comme vous le savez peut être déjà, la France possède le deuxième territoire marin du monde (derrière les Etats-Unis). Celui-ci représente 11 millions de km² auxquelles il faudra désormais ajouter 500.000 km² suite à de nouveaux décrets permettant aux nations d’étendre sa ZEE (Zone économique exclusive). De base, la législation international régie par l’AIFM (Autorité Internationale des Fonds Marins) donnait une ZEE de 200 miles nautiques autour des littoraux, cependant la convention de l’ONU sur le droit de la mer (Montego Bay en 1982) autorise les états d’étendre cette zone jusqu’à 350 miles nautiques (environ 650 km).

Cette extension est depuis longtemps dans le développement que veut l’état français, en effet, dès 1998 le projet Extraplac (le programme français d’extension du plateau continental) est évoqué en comité interministériel de la mer. Mais c’est en 2002, que le projet débute vraiment avec une financement annoncé de 2,5 millions d’euros annuelles pour la recherche et qui délègue l’étude à l’Ifremer (Institue français de recherche pour l’exploitation de la mer) en partenariat avec le SHOM (Services Hydrographique et Océanographique de la Marine) et conventionné par plusieurs ministères. Le programme prévoit déjà l’extension du territoire marin d’1,5 millions de km² soit 3 fois la superficie du territoire terrestre métropolitain.

En 2010, une recherche de l’Ifremer est publié et donne des enjeux pour la France de l’exploitation de ce territoire à l’horizon 2030. Compte tenu de l’économie mondiale actuelle, nous subissons une explosion des prix des métaux (cuivre, zinc, cobalt, fer, manganèse etc…) et des terres rares qui sont de plus en plus présent dans les nouvelles technologies. Cette hausse est due principalement à la raréfaction de ces minerais sur la terre ferme, mais aussi de la croissance des grands pays miniers exportateurs (Inde et Chine). L’exploitation et l’exploration de ces nouveaux territoires marins permettrait d’extraire des ressources et de ce défaire un peu du monopole qu’ont ces pays

Les_ressources_minérales_marines_profondes_étude_prospective_à_l_horizon_2030

Localisation des sites hydrothermaux et des champs de nodules a l’échelle mondiale (extrait de « Les ressources minérales marines profondes : synthèse d’une étude prospectives à horizons 2030 » réalisé par l’Ifremer en 2011)

Sur cette carte sont présenté les champ de nodules qui est l’un principal sol à offrir la gamme de minerais cite dans le paragraphe précédent. On voit également un ensemble de roches lié aux sulfure hydrothermaux marqués par l’activité volcanique des dorsales océaniques. De plus, on trouve aussi de l’hydrogène à l’état naturel.

On se pose tout de suite la question de l’environnement, surtout sur les procédé d’extraction, c’est pourquoi la recherche met en avant cette question à travers un défie technique que les ingénieurs et chercheur français se devront de relever au profit de l’environnement. Beaucoup de ces nouveaux espaces marins seront protéger et permettront aux scientifiques d’avoir de vrais laboratoires de recherche pour étudier toute la biodiversité sous-marine en créant des AMP (Aires Marine Protégé).

Plus concrètement, l’extension se présente ainsi :

500 000 km² de plus autour des littoraux français (source : http://www.delegfrance-omi.org/La-France-etend-son-domaine-maritime-de-plus-de-500-000-km%C2%B2)

500 000 km² de plus autour des littoraux français (source : http://www.delegfrance-omi.org/La-France-etend-son-domaine-maritime-de-plus-de-500-000-km%C2%B2 )

Comme on peut le voir, l’extension concerne l’ensemble des océans (outre l’océan Arctique). La Polynésie Française rapporte beaucoup de nouveaux territoires mais aussi les îles de Saint-Paul et Amsterdam, de Crozet et de Kerguelen au sud de l’océan Indien. En comparaison avec la carte précédente, nos nouveaux territoires se trouvent principalement sur des dorsales océaniques, avec donc de forts potentiels. L’île de Clipperton (à l’est de l’océan Pacifique) est néanmoins la seule à proximité d’un champ norsale, elle est doté d’un intérêt scientifique sans précédent.

Pour les géomaticiens, le défi est également de taille, cartographier l’ensemble de ces territoires peut prendre plusieurs années. L’Ifremer produit des cartes marines décrivant les sols marins, pour cela les services SIG s’appuie sur un outil développé en interne, Sextant. La première version (V1) date de 1999 et la dernière date (V5) de janvier 2013, il est utilisable pour les partenaires mais aussi pour le grands publics via une géoviewer et une panoplie de cartes dans leur catalogue. De plus, l’outil s’efforce à respecter les indications de le directive européenne INSPIRE, il est d’ores déjà interopérable avec d’autres portails d’informations géographiques.

Pour plus d’information sur le monde de la géomatique maritime, du 24 au 26 novembre 2015 se tient le colloque national dédié à la géomatique appliquée au milieu marin à Brest, organisé par l’Ifremer, l’agence des aires marines et le SHOM. Une occasion de comprendre les enjeux de la géomatique dans ces milieux encore peu exploité mais qui pourtant représente 70% de la surface terrestre. Pour 30 euros (tarif étudiant), l’inscription est ici.


Source : 

« Les ressources minérales marines profondes : synthèse d’une étude prospectives à horizons 2030 » :  http://wwz.ifremer.fr/institut/content/download/44025/622908/file/Synth%C3%A8se%20REMIMA%20-%20version%20finale%20-%20BD.pdf

Le site du programme Extraplac : http://www.extraplac.fr/index.php

http://geopolis.francetvinfo.fr/la-france-sagrandit-de-500000-km2-grace-a-son-espace-maritime-82387

http://www.delegfrance-omi.org/La-France-etend-son-domaine-maritime-de-plus-de-500-000-km%C2%B2

http://sextant.ifremer.fr/fr/accueil