Un monde en ruine ? : Cartographie de l’IIH


L’OCHA et la NASA cartographie l’empreinte de l’Homme sur la planète Terre


 

L’Indice d’Influence Humaine (HII, pour “Human Influence Index”), évalué annuellement par la NASA et l’Empreinte Humaine (Human Footprint) calculée par l’OCHA (Office for the Coordination of Humanitarian Affairs) sont les différents indicateurs pour estimer l’influence humaine directe sur les écosystèmes terrestres.

Cartographie de l'Indice d'Influence Humaine globale

Présentation des auteurs de ces indices :

L’influence humaine sur la surface de la terre est un facteur mondial des aléas écologiques de la planète, en relation stricte avec : les tendances climatiques , la géologie et les variations astronomiques. Elle est échelonnée de 0 à 64 (64 étant le maximum d’emprise de l’homme sur le territoire en question à l’inverse le 0 correspond à l’espace naturel « pure »).  En parallèle avec l’OCHA et la NASA, la Wildlife Conservation Society ( WCS ) et le CIESIN (Center for International Earth Science Information Network) de l’Université de Columbia se sont réunis pour cartographier l’empreinte humaine sur la surface de la terre. La dernière version en date est de juillet 2015 et concerne les pays du Pacifique.

L’OCHA est une organisation internationale appartenant  aux Nations Unies et basée aux USA.
Elle est chargée de rassembler les différents Etats (pouvant apporter une aide humanitaire) afin d’assurer une réponse cohérente aux situations d’urgence, elle s’assure également que chacun des acteurs puisse contribuer à celle-ci.
En outre, les
 missions de l’ OCHA sont :

  • La mobilisation et la coordination d’une action humanitaire efficace et fondée sur des règles strictes en partenariat avec les acteurs nationaux et internationaux dans le but de diminuer les pertes (qu’elles soient humaines ou matérielles) lors de catastrophes ou d’urgences et d’apporter un secours rapide et efficient.
  • La défense les droits des personnes dans le besoin.
  • De promouvoir la préparation et la prévention.
  • De faciliter des solutions durables en termes d’aléas écologiques.

Résultat et cartographie :

Le résultat de ces études indique qu’à l’heure actuelle 83% de la surface terrestre de la planète a été influencé directement par l’Homme que ce soit à travers les surfaces utiles à l’Homme (Agriculture, Urbain, …) , les axes de communications (routes, chemins de fer, fleuves), l’infrastructure électrique ou l’occupation directe par les êtres humains (à des densités supérieures à 1 personne par km²). C’est d’ailleurs ainsi que cet indicateur est calculé, en regroupant les quatre facteurs cités ci-dessus :

  • densité de population
  • axes de communication
  • transformation du paysage (usage/recouvrement/modification)
  • infrastructures électriques

Les cartes ci-dessous montrent les derniers résultats obtenus par la NASA et l’OCHA :

Cartographie de l'Empreinte Humaine dans le Pacifique (Juillet 2015)

Cartographie de l'IIH en AsieCartographie de l'IIH en Océanie

Les zones en vert sur la carte correspondent aux espaces les mieux conservés souvent dû au fait que la présence humaine y est impossible (désert chaud/froids, régions montagneuse ou inaccessible, forêt, …) a contrario les zones en rouge localisent les régions où la présence de l’homme est très forte et où l’emprise de la Nature (au sens propre du terme) est inexistante.
A noter que l’Empreinte Humaine est un taux en pourcentage (0 à 100) de l’emprise de l’homme sur son territoire alors que l’Indicateur d’Influence Humaine est un indicateur compris entre 0 et 64.

L’ombre de « The Happening » (« Phénomènes ») :

Dans la plupart des scénarios catastrophes des films Hollywoodiens, et ceci a d’ailleurs été scientifiquement prouvé, il est mis en évidence que de nombreuses relations existent entre les différents écosystèmes ainsi qu’avec la biodiversité qu’ils renferment (être humains compris).
En clair, plus un écosystème recèle d’espèces, plus il serait productif en matière organique et en énergie, et donc, une biodiversité conséquente rendrait celui-ci plus stable et lui permettrait de se rétablir plus rapidement en cas de fortes perturbations (sécheresse, tempête, etc.). Ce qui engendre, a contrario, en cas de maltraitance de ce dernier, des  conséquences désastreuses pour cette biodiversité (et donc pour nous, êtres humains).
Comme dans le film de M. Night Shyamalan, « The Happening« , il est probable que tôt ou tard, si ces « zones rouges » venaient à devenir trop importantes (ce qui est à prévoir au vu notre consommation de l’espace), la planète Terre puisse « se rebeller » contre cette agression pour permettre à la Nature de reprendre son emprise sur l’Homme.
Fiction ou réalité ? …
A vous de choisir.

Critique :

On peut, cependant, indiquer que ces cartes ne concernent que les continents, on ne parle pas des océans.
Pour un rapport sur l’empreinte humaine appliquée aux océans, on peut se renseigner, à l’aide de ce rapport (en anglais) de la NCEAS (National Center for Ecological Analysis and Synthesis), certaines données datent de 2008 (données un peu dépassées aujourd’hui vu que de nombreux événements ont eu lieu entretemps)  mais cela donne une idée de ce que l’humain a pu dégrader dans le reste de la planète : https://www.nceas.ucsb.edu/globalmarine et http://www.nature.com/ncomms/2015/150714/ncomms8615/full/ncomms8615.html

 

IMBERT Pierre-Yves


Source :