L’Arctique, un enjeu géopolitique


L’article L’Ours Polaire, animal politique rédigé par Farid Benhammou et de Rémy Marion, publié dans le Monde Diplomatique du mois de septembre 2015 met en lumière l’Ours polaire, le prédateur qui triomphe la chaîne trophique d’un espace géographique (la banquise) fragilisé par les actions anthropiques et qui comme son milieu, subit la convoitise, les décisions stratégiques qui sous-tendent les tentatives d’hégémonie des États plus ou moins proche du circumpolaire, en tout cas qui cherchent à se rapprocher des ressources qu’ils possèdent.

Cette interface d’apparence éphémère est tiraillée entre les décisions internationales, plus influentes que l’audience locale, cependant les États tentent d’acquérir une souveraineté afin de s’enticher d’une certaine légitimité.

 

L’Arctique des enjeux économiques politiques et environnementales

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A l’unanimité, l’Arctique détient de nombreuses ressources aussi bien minérales que pétrolières, on y trouve du gaz en grande quantité, également du zinc, du nickel, du cuivre, de l’or, des diamants, de l’uranium. Les États riverains conscient de sa richesse, se livrent une bataille diplomatique pour obtenir des droits et des pouvoirs l’égal, en vu d’exploiter, de contrôler, et territorialiser cet écosystème. Paradoxalement, les nombreuses et reconnues recherches scientifiques démontrant que depuis les révolutions industrielles, le modèle économique capitaliste qui repose sur la combustion des énergies fossiles est un acteur majeur dans la modification inter-scalaire des écosystèmes glaciaires.

La géophagie de ses territoires débutent par l’exploitation des puissances militaires au début du 20ème siècle. La base soviétique Churchill (Canada) située sur la route migratoire de l’ours, qui s’est développée jusqu’à devenir une destination touristique, s’inscrit dans une conquête continue du Pôle Nord, tout comme la base de Resolute (Nunavut) et de Thulé (Groenland). Sédentarisée, ces populations endogènes ne se sont pas arrêtées au fait de s’installer sur l’axe migratoire de l’ours, ils en ont fait un territoire hostile. Plongés durablement au plus profond des Mers du circumpolaire, l’entrepôt des fûts et des réacteurs radioactifs conjugués aux carnages des chasses, a vulnérabilisé faune (ours et phoques) et détérioré les écosystèmes glaciaires. L’attraction de ces territoires s’est alors renforcée, les acteurs économiques y ont vu une route maritime praticable. Des litiges diplomatiques ont souvent éclatés entre les États les plus proche du circum, que se soit des luttes locales comme les limites de la ZEE entre les États limitrophes, du statut des routes maritimes, des réglementations de la chasse qui s’élargissent à l’échelle globale. Les États s’appuient sur les Droits internationaux tel que la Convention des Nations Unies et la Convention sur le commerce international des espèces de la faune et de la flore sauvages menacées d’extinction qui témoignent d’une certaine coalition internationale. « Les températures moyennes dans l’arctique ont augmenté pratiquement deux fois plus vite que les températures mondiales au cours des cent dernières années » cette conclusion du 4 ème rapport du GIEC par exemple, alimentent les Sommets internationales qui tentent de faire respecter des normes climatiques internationales, cela stimule le regain d’intérêt pour l’Arctique.

Anaïs Jean-Philippe

Source :

Farid Benhammou et de Rémy Marion, L’Ours Polaire, animal politique, Le Monde Diplomatique, septembre 2015, page 11