La géoprospection au service de l’archéologie 2


C’est grâce à l’utilisation d’un géoradar, que l’extension d’une villa gallo-romaine a été identifiée à St Gaume, en Belgique. Ce bâtiment de section quadrangulaire, mesure 28 mètres de long pour 17 m large, il se situe à proximité directe de la villa. Cette technique de prospection a déjà fait ses preuves, l’an dernier des archéologues anglo-saxons avaient observé l’étendue réelle du célèbre site de Stonehenge. Cette opération de grande ampleur, médiatisée, fut un succès. La géoprospection a ainsi permis d’apporter de précieuses informations sur la chronologie et le contexte d’occupation. La découverte de ces nouvelles structures amènent donc une reconsidération de l’ensemble.

 

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Le géoradar ou la géoprosection est une technique qui envoie des ondes magnétiques sous terre. Ces ondes, lorsqu’elles se heurtent à un changement de milieu ou à une structure renvoient l’information. Ce qui donne lieu à une cartographie du sous-sol. Cette technique est déjà utilisée par les géologues, pour des problématiques environnementales. Les archéologues voient les nombreux avantages qu’elle présente et commencent à l’utiliser plus souvent. En effet, c’est tout d’abord un gain de temps. Cibler le lieu des fouilles, cartographier le sous-sol, identifier les structures, ces opérations s’effectuent plus vite et limite alors les sondages à l’aveugle souvent fastidieux. Ensuite c’est un gain d’argent. Les recherches ne débouchent pas toujours sur une fouille et comme les budgets sont limités c’est un moyen alternatif d’estimer le potentiel archéologique d’un secteur. De plus, et c’est le cas de la découverte de cette annexe, la géoprospection permet d’estimer le rayonnement de cette villa du IV siècle ap JC et les fouilles qui seront envisagées sur les 10 ans à venir.

 

Cependant cette méthode présente de nombreuses limites. Elle est applicable à certaines conditions il faut que le sol soit conducteur et que le changement de milieu soit suffisamment important pour être distinguées par les ondes. En archéologie cette méthode est surtout employée pour identifier des structures en pierre. Elle présente donc un terminus post quem pour les périodes protohistoriques en France mais elle est plus utilisée pour les périodes gallo-romaines et médiévales. De plus, cette technique est plus adaptée au milieu rural. Il est plus facile d’identifier des vestiges isolés sur des zones agricoles car la géoprospection ne mentionne pas l’ancienneté ou le type de structure, elle donne uniquement la profondeur. En zone urbaine, parmi toutes les anciennes constructions, il est difficile d’observer des structures présentant un intérêt archéologiques. Parfois le signal renvoyé par le géoradar est assez explicite pour qu’une interprétation soit envisageables, villa-gallo-romaine, habitation mais dans le cas présent, il impossible de connaître la fonction du bâtiment. La fouille est donc nécessaire pour répondre à cette problématique.

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Depuis les années 60, tous les sites archéologiques programmés laissent une zone vierge non fouillée, une zone témoin pour les générations futures. Cette pratique systématique est mise en place, au cas où d’autres méthodes seraient développées et permettraient de préserver cette zone telle quelle sans avoir à fouiller. Aujourd’hui la fouille reste toujours destructrice, les données non collectées durant la fouille sont définitivement perdues. Ce type de méthode permet alors de préserver l’information sans forcément fouiller. La géoprospection ne suffit pas en tant que méthode, elle reste à développer mais elle devient toutefois un atout primordial et incontournable pour l’archéologie.

http://www.archeologia.be/actualite2015008.html

http://lbi-archpro.org/cs/stonehenge/results.html

http://www.bbc.com/news/science-environment-29126854