La géomatique au service du télétravail


Le développement de lieux de travail alternatif, comme le télétravail ferait passer la consommation de carburant d’Île-de-France de 390 à 88 kg en 2030 comparativement à l’année 2010 ; ces données diffusées sous la forme d’« infographies », dans le magasine de la région d’Île-de-France (Ile-de-France, ) proviennent de la source « Futur Facteur 4 », « un bureau d’études et de consulting spécialisé dans l’environnement » (Pierre Radanne, 2015, Wikipédia).

infographie

Source : Regards actuels sur la région de demain, Dérèglements climatiques solutions en vue ?, Ile-de-France, numéro 59, octobre 2015

Les collectivités locales, associations, et PME (incluant les SCIC et SCOP) peuvent candidater à l’appel à projet de l’agence numérique, la Fonderie, en Île-de-France, qui prévoit une aide financière(jusqu’à 20 000 euros) à la création d’« espaces de travail collaboratifs ».

evolution

Source: Plateforme des aides régionales – Accueil, Adresse : https://cas.iledefrance.fr/cas-serveur/login?service=http%3A%2F%2Fpar.iledefrance.fr%2Firis%2Fj_spring_cas_security_check [Consulté le : 29 octobre 2015].

Pionnière dans l’élaboration de ces nouvelles formes de travail en France, la région d’Ile-de-France se place au 5ème rang mondial. Elle distingue trois types de tiers-lieux de travail qui peuvent se recouper :

  • « Le télécentre est un espace dédié à l’accueil de télétravailleurs, situé au plus proche des habitations dans les banlieues et les couronnes périurbaines des grandes agglomérations. Il est composé de bureaux disposant d’équipements informatiques et de télécommunications, conçus, réalisés, gérés par un opérateur et mis à la disposition de télétravailleurs pour leur offrir un cadre de travail agréable.Les télétravailleurs peuvent être des salariés d’entreprises ou d’administrations distantes, qui réalisent leurs tâches en restant en liaison permanente avec leurs organisations, des travailleurs indépendants ou des professions libérales. Au-delà d’être un espace de travail, le télécentre doit pouvoir animer sa communauté de télétravailleurs mais aussi s’ancrer sur son territoire. Si le travail est le point d’entrée, l’accueil d’autres fonctions est attendu (services liés au territoire: crèche, conciergeries d’entreprises…). L’animation territoriale est également primordiale (lien avec les pépinières d’entreprises, inscription dans un réseau territorial,…).
  • L’espace de coworking est un lieu de travail partagé où les indépendants et/ou télétravailleurs louent un bureau pour une durée donnée (à l’heure, à la journée, au mois). Le coworking est porteur de communautés et de valeurs qui prônent un travail plus collaboratif. L’espace de coworking doit également animer sa communauté et être un réel pôle de vie.
  • Le fablab désigne un lieu ouvert à tout type de public où il est mis à disposition du public toutes sortes d’outils pour la conception et la réalisation d’objets, notamment des machines-outils pilotées par ordinateur. Le fablab est aussi un espace de rencontre et de construction collaborative.Le terme générique tiers-lieu peut être utilisé pour désigner chacun de ces espaces de travail intermédiaires qui ne sont ni le domicile ni les locaux de l’entreprise, où le travailleur peut exercer son activité professionnelle. Le tiers-lieu peut être également un lieu hybride qui comprend l’ensemble des espaces cités ci-dessus (télécentre et/ou espace de coworking et/ou fablab)»

(Plateforme des aides régionales – Accueil, Adresse : https://cas.iledefrance.fr/cas-serveur/login?service=http%3A%2F%2Fpar.iledefrance.fr%2Firis%2Fj_spring_cas_security_check [Consulté le : 29 octobre 2015]).

Destiné aux grands publics et particulièrement aux habitants de la région d’Ile-de-France, le magasine Île-de-France veut nous montrer que la région s’investit dans des projets ayant attrait à la modification de nos modes vies, en créant des « espaces de travail collaboratifs ». La mise en place de ces espaces répondent aux « nouvelles pratiques induites par le numérique », comme « les technologies de l’information et le développement d’outils nomades » qui ne contraignent plus l’exercice du travail dans un seul lieu mais partout. Nous sommes donc dans une logique de « village planétaire » (Marshall MCLuhan, 1967), où l’interactivité de l’information est très rapide à travers les réseaux ; le travail peut ainsi s’effectuer à distance. De plus la création de ces lieux d’espaces de coworking, de télécentres, ou de bureaux partagés ont été pensé afin de réduire le temps de travail des salariés. Ces tiers-lieux se situent plus près des zones d’habitation, ce qui permet un déploiement spatial des lieux productifs. Les lieux de travail alternatifs soulignent un maillage plus fin des activités économiques à échelle du territoire francilien, qui peut être rééquilibré.

L’avantage mis en avant par le développement de ce nouveau type lieux de travail est celui de la mobilité. En créant des espaces à proximité des habitations, la multiplication de ces lieux, permettraient à terme de réduire les mouvements pendulaires de milliers d’actifs «  en Ile de France, c’est environ un million d’actifs qui se déplace chaque jour pour aller travailler, la moitié d’entre eux utilise les transports en commun ». L’émergence de ces lieux de travail est en adéquation avec l’ambition globale de réduction des émissions de CO² dans les métropoles, c’est ainsi une action locale qui multiplie les externalités positives dans les dimensions économiques, sociales et environnementales.

Île-de-France ne nous montre pas seulement le graphique de l’Évolution de la consommation de carburant voiture, pour les déplacements liés au travail (source : Futur Facteur 4), figure dans la même infographie le graphique de l’Évolution des émissions de gaz à effet de serre par type de déplacement…, indiquant comment la réduction (temps, distance) des déplacements liés au travail grâce au télétravail, permettrait de faire baisser de 65 % les émissions de gaz à effet de serre entre l’année 2010 et 2030.

 

Localisation des projets retenus dans le cadre de l’appel à projets régional « Espaces de travail collaboratif » de 2012 à 2014.

Les points représentent des espaces partagés de travail (télécentres, espaces de coworking et fablabs)

carte

2012

2013

2014

2015

14 espaces crées

16 espaces crées

18 espaces crées

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(Plateforme des aides régionales – Accueil, Adresse : https://cas.iledefrance.fr/cas-serveur/login?service=http%3A%2F%2Fpar.iledefrance.fr%2Firis%2Fj_spring_cas_security_check [Consulté le : 29 octobre 2015]).

L’intérêt géomatique est saisissant dans la recherche de zones on l’on peut établir un tiers-lieu. A bonne distance, d’une desserte routière, ou de transport public éloignés de l’effervescence usuelle et à proximité des lieux d’habitations des actifs (ciblés) la recherche qu’un emplacement pour les lieux de travail alternatifs seraient optimisées.

Anaïs Jean-Philippe