Cartographier le marché des bananes


Dans un article du monde diplomatique, Agnes Stienne propose différentes cartographies pour retracer l’itinéraire de la banane. Grâce à une série de quatre cartes, elle expose le marché international de ce fruit exotique.

Aujourd’hui plus de 110 millions de tonnes de bananes circulent partout sur la planète de l’Équateur à l’Arabie saoudite ou des Philippines aux États-Unis.

Les conditions de culture de la banane nécessite un climat chaud et humide propre aux régions proches de l’équateur. Ce climat rend des régions naturellement plus adaptées et la culture se fait de manière exclusive dans certaines de ces régions. L’Équateur illustre bien cette spécialisation car aujourd’hui il est de loin le plus grand exportateur, son tonnage avoisine les 5000 tonnes de bananes par an.

Cette session cartographique met en avant des éléments descriptifs majeurs de cette production. Elle illustre les importations et exportations mais expose également le jeu des multinationales spécialisées dans la banane.

 

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Entre pays consommateurs et pays exportateurs, on constate que les plus grandes offres sont les pays d’Amérique du sud et d’Amérique centrale. En chef de file on trouve l’Équateur avec 4952t, le Costa Rica (2029t), Colombie(1835t) et Guatemala(1921t). L’Asie du sud est également représentée notamment avec aux Philippines(293t). Enfin l’Afrique a également une production très importante avec la Cote d’Ivoire (339t) et le Cameroun(247t).

Quant aux consommateurs de bananes ils sont américains pour grande majorité. Les États-Unis à eux seul consomment presque la totalité de la production de l’Équateur en volumétrie (4350t). L’Europe n’est pas loin derrière avec (4488t). D’autres pays importent beaucoup : le Japon(1086t), Chine (716) ou l’Arabie Saoudite (306t).

Des pays comme la France, le Brésil ou encore l’Inde, on fait le choix d’approvisionner en premier lieu leur marché intérieur. C’est pourquoi l’Asie est en réalité le premier gros producteurs de bananes parmi les autres continents (Voir graphique ci-dessous). Cependant, la production de l’Inde reste pour sa propre consommation mais il est sans doute le plus gros producteur mondiale.

 

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Bien entendu la relation entre importateur et exportateur ne se fait pas de manière aléatoire. L’ accord et la proximité géographique a bien sûr un impact. Le Japon et la Chine importent leur marchandise de l’Asie du sud. L’ Amerique du Nord importe principalement d’ Amerique Centrale et du Sud. Quant à l’Union Européenne elle importe massivement d’Afrique et de l’Amérique centrale et sud.

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Cette production ne cesse de croître et devient de plus en plus importante, le prix du tonnage s’effondre et rend l’importation encore plus aisée. Les impôts augmentent et le tonnage devient de moins en moins cher, il est passer de 147€ et devrait atteindre les 114€ pour 2019. Ces chiffres illustrés sont issus du partenariat entre l’Europe et l’Amérique centrale de 2013.

En ce qui concerne la manière dont les bananes sont importées, on constate que le marché est détenu par des multinationales. La plupart sont des grands groupes qui rachètent la production aux cultivateurs et vendent ensuite leur produit à travers leurs propres filiales internationales. Ces procédés leur permettent de surtaxer leurs prix de vente et ensuite de pouvoir gommer la marge. Ainsi, comme l’illustre très bien Agnes Stienne, la part de coût reste en sous terrain et n’est absolument pas visible. Pour le coût global d’une banane, 47% de son prix rentre directement dans les caisses de la multinationale.

 

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Entre la production et la revente dans le pays consommateur, soit la moitié du prix. On constate par exemple que la plupart des filiales d’un groupe se retrouvent éclatées dans le monde, ce qui leur permet de différencier leur profit. Ainsi, 5 grosses firmes se partagent actuellement la moitié du marché. Le président du groupe Noboa 2 (un des leaders mondiaux) et entre autre un candidat fréquent de l’élection équatorienne, a déjà été dénoncé pour évasion fiscale.

 

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La firme américaine Chiquita a été récompensée par Rainalliance pour la gestion de sa production dans les pays cultivateurs. Elle a cependant été condamnée par la justice américaine en 2007 avec une amende de 18,8 millions pour avoir financer l’extrême droite colombienne car elle versait des pots de vins à ces membres en les engageant comme tueurs à gage pour exécuter les syndicalistes qui se révoltaient contre leur condition de travail.

Aujourd’hui le marché s’ouvre, les 5 grosses firmes n’ont que la moitié du marché. L’autre moitié est détenue par de plus petites structures. Espérons que cette ouverture du marché donnera plus de souplesse aux producteurs et aux consommateurs. Il semble que le succès des bananes n’est pas prêt de s’arrêter.

https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/banane

http://www.fao.org/docrep/019/i3746e/i3746e.pdf

http://www.fao.org/docrep/019/i3627e/i3627e.pdf

http://www.challenges.fr/entreprise/5-astuces-des-multinationales-pour-ne-pas-payer-d-impots_8957