Où en est le vélo de Nomad Maps un mois après son départ ?


Si vous ne connaissez pas l’aventure Nomad Maps, je vous invite à lire cet article qui la présente dans ses moindres détails.

En bref

Nomad Maps c’est le projet d’Alban Vivert, un géomaticien-cartographe lyonnais, qui entend utiliser la cartographie collaborative comme une opportunité de développement en Amérique du Sud : « cette itinérance cyclopédique mènera des actions concrètes de cartographie sur le terrain en lien avec les communautés cartographiques locales et visera également à sensibiliser, à promouvoir et à former, si besoin, à l’usage des nouvelles manières de cartographier et d’utiliser de l’information géographique provenant du « Crowdsourcing ». En toile de fond, Nomad Maps tentera par le biais de cette expédition de proposer une autre forme de tourisme, une manière ludique de cartographier tout en voyageant et de rendre ainsi utile son voyage aux pays visités » (nomadmaps.net)

Après une campagne de crowdfounding réussie haut la main en dépassant l’objectif de cagnotte fixé, le Nomad Mapper a atterrit à Bogotà pour débuter son long voyage de 6 mois à vélo à travers la Colombie, l’Equateur et enfin le Pérou.

 

Bilan du premier mois en Colombie : la newsletter

« Chers toutes et tous,

Les mille premiers kilomètres à vélo à travers la Colombie viennent d’être dépassés et voilà presque un mois que j’ai posé les pieds sur le continent sud américain. L’heure pour moi est venue donc de tirer un premier bilan de ce projet.

Tout d’abord, je vais sûrement vous apprendre quelque chose mais dans les Andes, ça grimpe dur et le climat est capricieux! En effet, voilà maintenant 1055 kms que je déambule dans cette chère cordillère et chaque kilomètre se gagne chèrement. Je ne parle pas des nombreux cols à gravir, ça, je m’y attendais (11000 mètres de dénivelés positifs déjà). Je parle également des descentes, dont les mètres sont souvent durement arrachés dû à la qualité du revêtement. Je fais référence aussi à la pluie, qui arrive toujours en fin de journée et rend les routes boueuses. Et biensûr, comment ne pas mentionner ces nombreux camions qui ne font guère cas de mon humble moyen de transport et préfère m’obliger à me déporter sur le bas côté de la route, plutôt que de perdre leur élan si « durement » gagné! Et puis il suffit d’un virage, d’une intersection, d’un changement de versant, d’un clin d’oeil, d’une rencontre, et là, grand soleil, le sourire revient, je comprends pourquoi je suis là et pourquoi je voulais tant connaître ces fameuses montagnes.

En montant un col de 24 kms dans la région de Duitama culminant à 3600 mètres d’altitude

Profitant de cette éclaircie, je sors alors mon dispositif de prise de vue (en fait, mon smartphone), le place sur le guidon avant droit et commence à enregistrer quelques kilomètres de route dans la base Mapillary. Ma petite signature sur ces dizaines de milliers de photos que je vais ajouter à la base sera sans aucun doute la présence à l’extrême gauche de toutes les photos de ma sacoche de guidon! Ce sont après un mois quelques 18 000 photos et plus de 300 kms de routes « mapillarisés » en Colombie!

Une de mes 18 000 prises de vue Mapillary sur les routes colombiennes

Pour la partie cartographie avec Open Street Map, mon travail actuellement consiste à profiter des pauses que je m’octroie dans la journée pour ajouter de nouveaux éléments à la base. Pour le moment ce sont principalement des lieux de restauration, d’hébergement, des distributeurs de billets, des pharmacies, etc. Quand je ne suis pas trop fatigué de ma journée de vélo et que la connection internet le permet, je tente de cartographier les éléments manquant des villages dans lequel je dors: bâtiment, rue, église. Mais le principal travail que je tente de réaliser avec Open Street Map pour le moment, et pour moi celui qui est le plus important, est de sensibiliser les personnes que je rencontre, leur parler du projet et leur montrer qu’il leur est possible de cartographier leur lieu de vie! Ce sont des petites graines de cartographie essaimées tout au long de cette itinérance qui je l’espère porteront ses fruits à quelques endroits.

Depuis deux semaines, je participe également activement à une tâche d’urgence qu’est en train de réaliser Open Street Map Colombia (certains d’entre vous sont déjà au courant, soit par le biais de CartONG, soit par les réseaux sociaux): un barrage en conctruction, celui d’Hidroituango, le plus grand du pays, menace de cèder suite aux fortes précipitations qui sévissent sur le pays depuis plusieurs semaines. L’objectif d’OSM Colombia est de cartographier au maximum la zone aval du barrage (plusieurs centaines de km²!) afin de permettre au secours, en cas de rupture, de pouvoir gérer au mieux cette crise (connaissance des lieux d’habitation, réseau de routes et chemins, réseau hydrographique). La tâche n’est pas encore achevée mais ce sont plus d’une centaine de contributeurs (Colombiens et étrangers) qui ont apporté leur pierre à l’édifice jusqu’à maintenant!

*Pour les initiés à OSM: https://tareas.openstreetmap.co/project/108#bottom

*Pour les non initiés, sur smartphone: https://is.gd/ayudamap (sélectionner la tâche « Hidroituango »)

Rappelez vous, un de mes objectif du projet est de rencontrer des membres des communautés cartographiques locales. Et bien ce sont finalement ces rencontres prévues qui dessinent peu à peu mon trajet! Après avoir rencontré AngocA (pseudo OSM) à Bogota, un des moteurs de la communauté de la capitale et organisateur de « carto parties » (balades urbaines qui ont pour but de cartographier des éléments pércis du territoire) pour promouvoir la cartographie collaborative, je suis ensuite allé plein Nord, à Duitama, rencontrer Leoguiga, un des pilier de la première heure de la communauté Colombienne, contributeur depuis 2008. Il anime depuis 2010 , un groupe OpenStreetMap dans le collège/lycée de sa ville et a ainsi formé des dizaines de nouveaux cartographes ! J’ai alors eu la chance de pouvoir présenter mon projet à l’ensemble de l’établissement (quelques 500 élèves!), puis avec un comité plus réduit (une centaine quand même) pour entrer plus en profondeur dans mes activités. Mon message, au delà de la cartographie en elle même, a été avant tout tourné sur le fait qu’ils fassent confiance en leurs passions et leurs talents: avec de la volonté et de l’audace, ils peuvent faire de grandes choses!

Présentation de Nomad Maps devant une centaine d’étudiants à Duitama

Enfin, voici dans le lien suivant (http://u.osmfr.org/m/219942/), la carte collaborative réalisée sur Umap pour l’association TUBogota avec laquelle j’ai travaillé lors de ma première semaine dans la capitale. Il s’agit pour eux, avec cette carte, de posséder un moyen de communication supplémentaire sur leurs différentes propositions d’urbanisme faites auprès de la mairie. Cette carte est vouée à être alimentée et améliorée par les membres même de l’association.

En compagnie de (de gauche à droite) Ana, Mauricio, Maxime et Maria, membres de TUBogota.

C’en est fini pour aujourd’hui. Il me reste maintenant à pédaler un autre mois en Colombie avant de rejoindre l’Equateur. Espérons que ce deuxième acte colombien soit aussi riche que le premier! Rendez vous début juillet pour un deuxième bilan…

Pour rappel, voici les différents canaux sur lesquels vous pouvez suivre l’aventure et découvrir davantage de photos:

*Sur la carte interactive du trajet : www.nomadmaps.net

*Sur facebook :https://www.facebook.com/NomadMapsProject/  (pour les réfractaires, possibilité de voir les actualités sans avoir de compte facebook!)

*Sur instagram: https://www.instagram.com/nomadmapsproject/

 

Merci à tous pour votre soutien,

Alban Vivert »

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