Le projet HIREAU et la datation des réseaux d’eau


Le Projet HIREAU a permis de fonder un guide opérationnel concernant la datation des réseaux d’assainissement et d’eau potable. Nous allons donc nous appuyer sur ce guide pour en faire sortir des éléments de recherche et pour comprendre l’utilité du champ « Date de création » dans les bases de données des services gestionnaires des réseaux AEP (d’Adduction Eau Potable) et d’Assainissement.

Image 1: Le Petit cycle de l’eau domestique

  1. Enjeux

 

Le projet HIREAU s’inscrit dans un mouvement où les réseaux d’Eau potable et d’Assainissement se dégradent. Ces réseaux nous permettent l’apport en eau consommable à nos robinets notamment et le transport de l’eau consommée vers les stations d’épurations environnantes. La dégradation de ces réseaux peut être causée par de multiples facteurs :

_Surcharge des réseaux

_Evénement climatique (mouvement de terrain)

_Pratique des usagers (Notion de « tout-à-l’égout » erronée)

Mais le point important qui provoque la dégradation de ces réseaux dans une grande majorité des cas, c’est le temps et la vieillesse de ces réseaux créés par la ville et pour la ville, pouvant dater de plus de 100 ans.

 

  1. Comment dater ces réseaux ?

 

Il existe plusieurs méthodes pour dater ces réseaux :

_La première d’entre elles consiste à aller rechercher des documents en lien avec la création des réseaux dans les archives municipales ou départementales car ce sont à ces échelles que nous aurons le plus d’informations concernant la pose des canalisations.

_La seconde consiste à étudier l’évolution de l’urbanisation au fil du temps. Les réseaux AEP d’assainissement sont, en règle générale, construit avant que les bâtiments et pavillons ne soient habitables. Cette évolution de l’urbanisation, nous pouvons l’étudier à partir du site https://remonterletemps.ign.fr/ . Ce site appartenant à l’IGN (Institut National de l’Information Géographique et Forestière) nous permet d’analyser des photographies aérienne sur une année donnée.

_La troisième correspond à comparer des plans en effectuant un géoréférencement de ceux-ci dans un SIG. Cette méthode peut nous permettre de suivre l’urbanisation et la création des rues nouvelles au fil du temps. Cette méthode est particulièrement efficace mais ne renseigne l’information sur la datation que sur un intervalle de temps et non une date précise.

_Le quatrième consiste à faire participer le citoyen en mobilisant ses connaissances et ses souvenirs. Cette méthode nous permet d’avoir des informations qui sont variables d’un individu à l’autre et demande de développer une confiance entre le citoyen et le service gestionnaire du réseau en question.

_Enfin, la dernière se traduit par une forme d’exploration des données informatiques notamment sur des plans techniques et administratifs. Par exemple, l’étude des matériaux des canalisations peut nous permettre de disposer d’un intervalle de temps. Pour cela, on peut citer l’interdiction de l’utilisation de l’amiante à partir de 1997 en France, dans la fabrication de canalisations pour l’assainissement des villes.

 

Image 2: Photographie aérienne au-dessus l’Université de Cergy-Pontoise, 1993

 

  1. Pourquoi faire ?

 

La datation de ces réseaux et l’intégration de ces données dans les bases de données est donc essentielle pour les services gestionnaires car ceci leur permet d’établir des plans de rénovation ou de réhabilitation des réseaux. Ces plans peuvent donc s’étendre sur plusieurs années et ils excluent les réparations d’urgence. On peut désormais s’interroger sur la mise en place d’un plan réservé aux rénovations/réhabilitations des canalisations lié à la vieillesse de celles-ci et d’un plan d’urgence, à part, où chaque intervention d’urgence serait indiquée dans celui-ci. On notera qu’il semble évident que les urgences passent au premier plan vis-à-vis des rénovations/réhabilitations issues de la vieillesse des canalisations, toujours dans le but d’assurer un service optimal pour les citoyens et de maintenir un dialogue constant avec la population d’un territoire.

Image 3: Assurer un service à tous

 

Bibliographie

.Charriere Sylvain, Werey Caty, Gestion patrimoniale des réseaux d’eau potable, Politiques d’investissement et gestion des immobilisations : cadre et bonnes pratiques, Nanterre, ASTEE, 140 pages, (en ligne) : http://www.astee.org/production/gestion-patrimoniale-des-reseaux-deau-potable-politiques-dinvestissement-et-gestion-des-immobilisations-cadre-et-bonnes-pratiques-une-vision-a-la-croisee-des-approches-techniqu/

. Cherqui Frédéric, 2018, Comment reconstituer l’histoire des réseaux d’assainissement et d’eau potable, Lyon, 47 pages, (en ligne) : https://hireau.files.wordpress.com/2018/09/hireau_guide-operationnel_septembre20181.pdf

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