La géomatique et la modélisation 3D une complémentarité qui donne naissance au GéoBIM.


De nos jours, le domaine de l’aménagement urbain et du foncier sont étroitement liés aux données cartographiques. On retrouve également un lien particulier entre ces données cartographiques et la modélisation de maquettes numériques car de plus en plus de projets urbains demandent une expertise BIM durant les différentes phases de conception. Mais, dans quelle mesure la géomatique peut-elle être concernée par le BIM ?

Le BIM a longtemps servi comme un outil de communication et de concertation, mais la modélisation 3D a énormément évolué depuis ses débuts. L’utilisation de ces modèles 3D s’appuie de plus en plus sur les informations géographiques issues du SIG, ce qui permet de rajouter la troisième dimension (Z) au niveau des SIG territoriaux généralement produits en 2D (X, Y).

Mais cette mutation vers la troisième dimension n’est pas le cas de tout le monde, plusieurs collectivités en France gèrent leur territoire avec des applications SIG standardisées qui ne proposent pas encore l’intégration de la 3D. Ce manquement est dû à de multiples difficultés, dont l’absence d’un logiciel/application capable de les exploiter ou encore par carence de compétence interne au sein de ces organismes.

Dans différents secteurs spécialisés (construction, architecture, infrastructure…) le BIM a fait un énorme bond en avant ces dernières années, comparé à la lente évolution du SIG vers la 3D. Il faut savoir qu’en dehors du fait que le BIM est outil qui gère les objets 3D, à travers des logiciels, c’est avant tout, un procès collaboratif qui nécessite une certaine gestion.

Différent corps de métier associent leurs éléments 3D dans un même modèle numérique, or parfois le travail d’un des acteurs ne peut commencer qu’à partir de la fin du travail d’un autre membre. Dans un autre cas deux acteurs différents peuvent travailler en même temps et combiner leurs fichiers à la fin.

Cette gestion assez complexe face au nombre important d’intervenants possible dans ce genre de projet suscite une personne physique qui coordonne l’ensemble de l’équipe et qui planifie l’exécution de chaque tâche ; cette personne est appelée le BIM Manager.

Le terme BIM n’est pas uniquement associé à la construction des bâtiments dû au ‘B’ qui renvoie à ‘Building’, mais bien plus large encore, à l’ensemble des infrastructures (routes, réseaux, espaces aménagés…etc.). Le BIM exige le travail autour de la maquette numérique. Cette dernière a fait ces preuves dans divers domaines, notamment en industrie où son avantage a été glorieusement diffusée en termes d’exploitation, de maintenance et de maîtrise des coûts.

Maintenant qu’on a parlé de l’ampleur du BIM au niveau du territoire urbain et de sa valeur ajouter vis-à-vis de l’infrastructure des villes, reste à comprendre la place du SIG dans tout cela.

Le point de convergence entre les deux outils de gestion de données semble s’éclaircir de plus en plus. Effectivement l’infrastructure permet une complémentarité entre le SIG et le BIM. Concevoir un projet urbain au sein d’une ville ne se fait pas en ex-nihilo, mais en intégration dans un territoire existant et un environnement bien complexe au regard du simple projet lui-même.

Cet environnement existant apporte une difficulté de plus au projet, le SIG s’occupe très bien de la gestion des éléments de cet environnement. Quant au BIM il va s’occuper d’autres éléments, rajouter à cela d’autres métiers qui peuvent se greffer sur ces modèles, tel que les IOT (internet des objets), flux de mobilité…etc.

En revanche, la collaboration des deux systèmes (SIG/BIM) dois se mettre en place assez tôt pour permettre de vrais résultats. Bien qu’ils aient beaucoup d’éléments en commun, il existe toujours une frontière bien distincte entre les deux parties, et plus précisément leurs évolutions ne s’alignent pas dans un même créneau temporel.

Dans cette optique de collaboration des outils (SIG/BIM), le nombre d’acteurs intervenant dans le projet se voit augmenté d’une façon conséquente. Le BIM manager suffira-t-il à gérer l’ensemble de ces intervenant ? Cela risque d’être compliqué car la méthode de travail est différente pour chaque système…

Peut-être que cette collaboration donnera naissance à un nouveau gestionnaire de projets complexes menés en SIG et BIM. Un GéoBIM manager qui serait en charge de gérer cette équipe pluridisciplinaire dans l’optique de moderniser ces outils, afin de toucher à un environnement de projet complet à multiples échelles.

 

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Source :

SIGTV, [sans date]. Quand BIM et SIG se jaugent. SIGMAG & SIGTV.FR – Un autre regard sur la géomatique et les systèmes d’informations géographiques SIG [en ligne]. Disponible à l’adresse : https://www.sigtv.fr/Quand-BIM-et-SIG-se-jaugent_a359.html

Hervé HALBOUT, Consultant SIG et 3D. SIG, modélisation 3D et BIM : une complémentarité indispensable (1), Géomatique Expert N° 108, Janvier-Février 2016.

Xavier Fodor, Quand BIM et SIG se jaugent, lien : https://www.sigtv.fr/Quand-BIM-et-SIG-se-jaugent_a359.html

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