La cartographie des sentiers inuits du Canada


Bien avant Christophe Colomb, un peuple européen avait déjà réussi à atteindre le continent américain. C’était autour de l’an 1000. Il s’agissait des Vikings et l’Amérique était alors appelé le Vinland. Certes, ils ne sont pas resté longtemps et sont reparti la queue entre les jambes à cause de l’arduité de l’environnement. Mais ils ont, entre temps, fait la rencontre d’un peuple qui s’en était totalement accommodé : les inuits. Et ces sociétés nomades sont au centre d’un atlas paru au Canada.

Des archives à l’atlas

 

Carte inuit de l’île de Southampton

À l’issue d’une étude menée par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, intitulée Northwest Passage and the construction of Inuit pan-Arctic indentities, les chercheurs du projet ont accouché d’un riche atlas : le Pan Inuit Trails Atlas. Ce projet se fonde sur des lectures d’archives du XIXème et du XXème siècle, référençant les bases et les sentiers utilisés par les inuits. Ainsi, l’atlas cartographie l’occupation et les mobilités spatiales de ces sociétés vivant dans le domaine arctique, de l’arrivée des européens à leur sédentarisation. Une œuvre encore inachevée – les auteurs estimant qu’il reste des archives à dépoussiérer.

Comment utiliser l’atlas ?

Les archives ont été intégrées à une base de données et géoréférencées sur un fond de carte tiré de Google Maps. Il est possible de cliquer sur les différents éléments de la carte pour afficher des détails ou rechercher un site particulier à l’aide de la barre de recherche. Les chiffres affectés au divers sites de l’atlas représentent le nombre de chemins qui s’intersectent.

 

L’héritage des sociétés inuits

Un screenshot de l’atlas

Les sentiers cartographiés et leurs dénominations sont une partie intégrante du système de vie appliqué par les inuits. Le déploiement et l’imbrication de ces routes ont été essentiels à leur longévité dans des contrées extrêmement hostiles. Ils se basent sur une compréhension accrue de l’environnement, de ses ressources et de ses temporalités, cultivée d’année en année. Les tracés de ces chemins, transmis de génération en génération, sont les preuves de la difficile adaptation de ces peuples s’étendant du Groenland à l’est du Canada.


Social Sciences and Humanities Research Council of Canada. « Pan Inuit Trails ». Consulté le 23 novembre 2018. http://www.paninuittrails.org/index.html?module=module.intro.

O’Dwyer, Laurence. « Counter-mapping: cartography that lets the powerless speak ». The Guardian, 6 mars 2018. https://www.theguardian.com/science/blog/2018/mar/06/counter-mapping-cartography-that-lets-the-powerless-speak.

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