Le RGEAlti : Le puzzle de l’IGN


Le RGEAlti

Le RGEAlti 5m est un modèle numérique de terrain très utilisé dans le domaine des risques naturels (inondation, mouvements de terrain), dans les travaux publics où la géotechnique est délivrée par l’IGN dans le domaine public et vendue dans le privé.[1]

La courbure révèle l’invisible

La courbure d’un MNT permet d’estimer la rugosité d’une région donnée. Elle est définie théoriquement comme étant le taux de changement de pente d’une région donnée[2], mais elle permet également de mettre en évidence l’invisible. Le RGEAlti est en réalité un assemblage de plusieurs techniques (LIDAR, corrélation de photographies aériennes et de radar…), de précisions altimétriques et de formes différentes. Par ordre de précision, une partie est acquise par LIDAR dans les zones inondables, une autre par corrélation de photographies aériennes, enfin en cas de sursol (massifs boisés par exemple) des données altimétriques anciennes sont utilisées pour combler ce manque. Cette hétérogénéité pose problème à petite échelle, en effet les résultats issus de calculs sur ces MNT vont différer…[3]

 

Mise en évidence d’assemblages de MNT du RGEAlti 5m et comparaison du MNT et de sa courbure dans la commune de Condrieux

Mise en évidence d’un problème liées au RGEalti de l’IGN. Ce MNT est un assemblage de plusieurs sources et techniques différentes.

Cette hétérogénéité altère les résultats a petite échelles. La carte représente une dérivée (courbure) issue du même MNT

Ce que nous dit l’IGN

Dans les métadonnées recueillies sur le site de l’IGN, on nous dit dans la rubrique Informations sur la qualité du produit « Plusieurs techniques d’acquisition des données sont mises en œuvre par l’IGN selon le type de paysage et les besoins des utilisateurs, la technologie Lidar est déployée pour les zones inondables, les zones littorales et sur les grands massifs forestiers ; la technologie Radar est utilisée sur les zones de montagne (Alpes, Pyrénées, Cévennes, Corse) ; les techniques de corrélation de photographies aériennes sont utilisées sur le reste du territoire. Sur certaines zones traitées par corrélation, en cas d’absence de mesure au sol sur de larges étendues en raison de la présence de sursol (massifs boisés par exemple), des données altimétriques anciennes sont utilisées pour combler ces manques ».[4]

À noter également que le RGEAlti 1m se base également sur le même assemblage. Comme pour le RGEAlti 5 m, on a un lissage des données « les moins précises » et un « sous-échantillonnage » pour les données « les plus précises » pour arriver à une homogénéité de taille de pixels.

Le futur du MNT

La révolution du drone et du LIDAR embarqué permettra-t-il a l’IGN de vendre un MNT homogène, de qualité et a faible cout ?

 

Sources :

[1] THIERY et TERRIER, « EVALUATION DE L’ALEA GLISSEMENTS DE TERRAIN : ETAT DE L’ART ET PERSPECTIVES ».

[2] Mastere, « LA SUSCEPTIBILITE AUX MOUVEMENTS DE TERRAIN DANS LA PROVINCE DE CHEFCHAOUEN (Rif Central, Maroc) ».

[3] THIERY et TERRIER, « EVALUATION DE L’ALEA GLISSEMENTS DE TERRAIN : ETAT DE L’ART ET PERSPECTIVES ».

[4] « métadonnées de produit RGE ALTI® ».

 

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