L’image satellite comme un outil face au risque incendie


L’été approche et il fait de plus en plus chaud durant cette saison! Les incendies sont toujours aussi présents et on fait aujourd’hui de plus en plus appel aux images satellites pour évaluer les dégâts de ceux-ci sur la végétation et les populations.

  • Définir l’impact de ces incendies

    Impact d’un incendie (en gris) vu par un satellite SPOT

Un incendie peut se déclencher rapidement (mégots de cigarettes, barbecue,…) et ceux-ci évoluent en fonction du sens du vent. On cherche donc à définir l’impact d’un incendie et c’est à partir de 2017 que le Centre d’Expertise Scientifique (CES) va mettre en avant la télédétection par satellite et la production de données autour de cet outil pour produire une cartographie systématique et automatisée de l’intensité des feux de forêts, des dégâts sur la végétation et des feux à proximité des zones habitées. Cette cartographie sera par la suite exploitée par les services en charge du risque incendie à l’échelle de l’Etat. La télédétection devient donc essentielle dans la gestion de risques « naturels » et permet aux autorités d’avoir une meilleure visibilité du risque et de l’évolution de l’incendie.

 

 

 

  • Les satellites au centre de la gestion du risque incendie

Dans le cas du risque incendie, le CES Incendie utilise les images fournies par 3 principaux types de satellites :

Le satellite français pour l’observation de la Terre : SPOT

 

1- SPOT: les satellites SPOT ont pour but de nous fournir des images de la Terre avec un très bon compromis entre la résolution au sol et la taille de la région. Le premier satellite SPOT à avoir été lancé remonte à 1986. Ses missions principales sont liées à la cartographie de l’environnement et à la création de Modelés Numériques de Terrain (MNT)

2- Pléiades: Pléiades correspond à un système d’imagerie spatiale qui a pour spécificité de nous donner des images à très haute résolution. Les satellites Pléiades ont été lancés en 2011 et 2012, ce sont donc des satellites plutôt récents. En plus de nous donner des images à très haute résolution, il peut nous fournir, pour un satellite, plus de 500 images de la Terre par jour.

3- Sentinel: ces satellites nommés Sentinel, ont pour mission première d’observer la Terre et de nous offrir, dans 13 bandes spectrales, des images à haute résolution de la végétation, de l’occupation du sol et de suivre l’impact du rechauffement climatique sur la planète.

Les satellites sont des de formidables outils qui nous offrent des images de la Terre quotidiennement. Ces images sont ensuite analysées et nous pouvons par la suite construire une cartographie détaillée des zones voulues comme une zone ravagée par un incendie.

 

  • Elargir les critères des bases de données et accroître le niveau de précision dans les analyses des incendies

    Evaluation des dégâts suite à un incendie

La France dispose d’une base de données nommée Prométhée sur les feux de forêts qui se sont déclenchés depuis 1973. Cette base est vieillissante et reposait sur deux critères principaux (seulement?) : la surface ravagée par l’incendie et les types de zones brûlées. On cherche donc aujourd’hui à élargir les critères comme par exemple, sur l’évolution de l’incendie au fil du temps et on cherche à ce que ces critères prennent en compte les zones d’interface entre les espaces naturels et les zones urbaines qui s’étendent. Cette évolution va dans le sens où on veut une meilleure protection des populations face aux incendies mais aussi des surface végétalisées ou agricoles.

Des méthodes de comparaison des zones avant et après un incendie sont aussi en train d’être développées. A l’aide de plusieurs critères comme la sévérité du feu ou encore la quantité de chlorophylle dans les végétaux, on peut comparer des images satellitaires avant et après l’incendie. Ce que l’on cherche au final, c’est mettre en corrélation les observations et analyses issues des images satellitaires avec les données issues du terrain. Cette corrélation devra permettre d’établir des analysés très fines adaptées au contexte de chaque incendie. Des analyses du terrain sont d’ores et déjà plus ou moins automatisées sur une période se situant avant l’incendie (couleur de la végétation, les formes,…). D’ici à 2020, une traitement automatique des incendies par les images satellitaires et la cartographie devrait voir le jour et pour le moment, nous pouvons toujours rester sur une analyse avant-après un incendie à partir des multiples critères, très fins, qui ont été élaborés.

Bibliographie:

_ IRSTEA, LES IMAGES SATELLITES, DE PRECIEUX OUTILS POUR MIEUX GERER LE RISQUE INCENDIE, le 3 avril 2019, en ligne :

https://www.irstea.fr/fr/toutes-les-actualites/territoires/images-satellites-outils-risque-incendie

_ CNES, Bibliothèque des projets du CNES, en ligne:

https://cnes.fr/fr/

_ FUTURA SCIENCE, En images : les incendies meurtriers de Californie vus de l’espace, le 15 novembre 2018, en ligne :

https://www.futura-sciences.com/sciences/breves/satellite-images-incendies-meurtriers-californie-vus-depuis-espace-182/

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