Paris sans voitures : les motivations des mobilités ?


Dans le cadre d’un projet du Master 1 Géomatique appliquée aux études urbaines et aux risques de l’Université de Cergy-Pontoise, une enquête a été réalisée via la page Facebook de l’association Paris-Sans-Voiture pour essayer d’appréhender comment est imaginé un Paris sans voiture; pas spécialement pour les Parisiens, mais pour ce qui veulent changer la dépendance à la voiture dans un milieu urbain. Dans cet article nous analyserons les motivations du choix des mobilités.

Le critère « d’utilité »

Il est vrai que l’utilité va jouer un rôle dans le choix d’une mobilité à une autre. Un nombre limité de commerces de proximité par exemple ou l’éloignement d’équipements de service va influencer l’utilisation de la voiture, [1] cependant, les utilisateurs sont prêts à fournir un effort supplémentaire si le trajet est agréable. Le trajet le plus agréable n’est pas conçu comme le plus accessible ou le plus confortable. La vue, le son, la luminosité, seront des critères importants à cette « motivation » de la marche évidemment, mais c’est la présence de végétation qui motivera l’usage de la marche. [2]

À la question « Si nous imaginons cette ville avec l’espace gagné (sans chaussée), il faudrait … » , c’est le développement des espaces verts publiques (73) ou jardins partagés (56) qui revient le plus souvent, bien devant le développement de nouveaux services ou de nouveaux logements.

Qu’est-ce qui motive les mobilités dites « douces » ? Comment se réapproprier un milieu urbain ?

La marche en milieu urbain est considérée comme une pratique naturelle évidente pour les déplacements à but utilitaire ou récréatif, elle est cependant influencée par une série d’exigence et de besoin de faisabilité, d’utilité, de sécurité de confort environnemental ou physique. Quels sont donc les points qui encouragent le déplacement piéton ? Les qualités environnementales et paysagères sont des critères certains qui encouragent ces mobilités. Elles peuvent même influencer le sentiment de sécurité [3].

De plus, l’environnement urbain doit présenter un aspect visuel, ainsi que susciter un sentiment d’appartenance. « Un Paris calme avec de la place pour se réapproprier l’espace public » suggère une des enquêtes. Séparer le trafic motorisé par la présence de zones tampons comme les pistes cyclables peut être un moyen.

À la question « Pour améliorer la répartition entre l’espace automobile et piéton en termes d’aménagement urbain, il faut… », c’est le développement de pistes cyclables qui revient le plus souvent avec 69 votes. Les autres idées les plus évoquées comme le fait de diminuer le nombre de places de stationnement, réduire le nombre de voies de circulation ou développer les voies de tramways et de bus peuvent également être interprétées comme un désir de sentiments d’appartenance.

D’autres représentations ont été réalisées avec l’outil web Flourish, un story maps a été réalisé et a été diffusé sur la page Facebook de l’association Paris-Sans-Voiture. Nous remercions à l’association pour son aide et sa participation.

Lien web des résultats du questionnaire Limesurvey : /https://master-geomatique.org/limesurvey/index.php/admin/statistics/sa/index/surveyid/463319

Lien web du story maps : https://public.flourish.studio/story/29748/

 

Gee, Gilbert C, et David T Takeuchi. « Traffic stress, vehicular burden and well-being: A multilevel analysis ». Social Science & Medicine 59, no 2 (1 juillet 2004): 405‑14. https://doi.org/10.1016/j.socscimed.2003.10.027.

Lanteri, Raphaël, Gérard Ignazi, Université de Cergy-Pontoise, Maryvonne Dejeammes, et les transports Centre d’études sur les réseaux. « Accessibilité des espaces publics urbains : outil d’évaluation ergonomique ». Study report, novembre 2005. http://lara.inist.fr/handle/2332/872.

« theses.fr – Nadja Victor , Evaluation des déplacements piétons quotidiens : Application à la ville de Luxembourg ». Consulté le 25 juin 2019. http://www.theses.fr/2016LYSES049.

Zacharias, JOHN. « PATH CHOICE AND VISUAL STIMULI: SIGNS OF HUMAN ACTIVITY AND ARCHITECTURE ». Journal of Environmental Psychology 21, no 4 (1 décembre 2001): 341‑52. https://doi.org/10.1006/jevp.2001.0225.

[1] Lanteri et al., « Accessibilité des espaces publics urbains ».

[2] « theses.fr – Nadja Victor , Evaluation des déplacements piétons quotidiens : Application à la ville de Luxembourg ».

[3] Zacharias, « PATH CHOICE AND VISUAL STIMULI ».

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