ARIA : « mémoire vivante » de l’accidentologie


SEVESO, AZF, Tianjin, peut être prochainement Lubrizol : tous sont considérés comme des accidents technologiques graves ayant eu des conséquences dramatiques. Pour réduire le risque, le ministère de la Transition écologique et solidaire / Direction générale de la prévention des risques a mis en place un outil : ARIA.

  • ARIA: qu’est-ce que c’est ?

Outil développé par le BARPI (Bureau d’Analyse des Risques et Pollutions Industriels), ARIA est une base de données qui a pour objectif de recenser le plus d’incidents, accidents ou « presque accidents ». Ces évènements ont pour point commun d’être d’origines humaines et non naturelles. Sont répertoriés les évènements liés à :

-l’activité d’usines, d’ateliers, de dépôts,  de chantiers, de carrières, d’élevages… Tous classés au titre de la législation relative aux Installations Classées;

-du TMD (transport de matières dangereuses) par rail, route, voie fluviale ou maritime;

-de la distribution et de l’utilisation du gaz;

-des mines et stockages souterrains;

-des digues et barrages.

Parmi les notions, celle de « presque accident » est définie comme étant : 

Certains événements, correspondant à une dérive par rapport au fonctionnement normal des installations mais n’ayant pas eu de conséquence matérielle/humaine/environnementale, peuvent toutefois être porteurs d’un retour d’expérience très utile !

Et c’est là l’objectif principal d’ARIA : le retour d’expérience. L’idée est de tirer des enseignements des défaillances, aussi minimes soient-elles, afin de mieux prévoir des aléas qui pourraient avoir des conséquences plus graves. Informer les utilisateurs d’ARIA de ces « presque accidents » est un réel enjeu d’amélioration des structures de sécurité.

 

  • Une base de données riche qui se veut non exhaustive

46 000 : c’est le nombre d’accidents/incidents recensés en France ou à l’étranger. Allant du référencement de fuites d’acides chlorhydrique dans une usine de chimie organique à la catastrophe de Tianjin (173 morts, pollution au cyanure, 17 000 logements endommagés…) ARIA met a disposition le plus d’évènements possibles en diversifiant ses sources d’informations.

Chaque évènement est plus ou moins détaillé. Date, localisation et titre de l’évènement sont toujours renseignés. S’ensuit une gradation des conséquences de l’évènement selon quatre catégories : pollution, humaines, environnementales et économiques. Un texte décrivant l’évènement est souvent présent mais n’est pas systématique. Ce texte décrit également les modalités d’intervention et les mesures prises qui ont parfois aggravé les conséquences ou au contraire limité au maximum les dégâts. Des vidéos sont mêmes intégrées à la page selon les cas.

 

Fiche décrivant l’évènement contenu dans la base de données – Source: aria.developpement-durable.gouv.fr      

Toutefois, seuls les évènements permettant le retour d’expérience comme outil de prévention et de réductions du risques sont enregistrés dans ARIA. Il est à noter cependant qu’un évènement survenu dans un établissement à risque majeur et les accidents mortels survenus dans les installations classées sont répertoriés quasi-systématiquement. La base de données est en constante évolution. Si les informations présentées sont insuffisantes voire inexactes, les utilisateurs ont la possibilité de suggérer des modifications.

 

Sources: – Article de Libération: https://www.liberation.fr/france/2019/10/02/industrie-barils-en-la-demeure_1755066

-Site du BARPI: https://www.aria.developpement-durable.gouv.fr/accident/47678/

-Lettre d’information du BARPI: http://r.news.aria.developpement-durable.gouv.fr/mk/mr/tlFl59N-cr3xUASmbbJhnz2sCz2cpbHGzkHtUksw-OVGbD4_KEgMZ14dw-Xuh_ba2rqXJBDJsq4Jl2070RT1MADHPTJEElNYRKJUlR3AwU2svwxpc9RljAK8hWfd6bCB2mHi

-Site de l’ICSI: https://www.icsi-eu.org/fr/actus/consultez-le-nouveau-site-du-barpi.a388.html

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