Napoléon et maintenant ?


En 2016, les Archives Nationales ont entamé un travail d’inventaire des plus de 1800 cartes et plans signés de la main de Napoléon.

Carte des départements tels qu’ils étaient définis en 1810

On recense différents types de cartes du Premier Empire. Tout d’abord, cette période a été une grande période de conquêtes et de ce fait, majorité des documents traitent de questions militaires au niveau géographique et stratégique.

En plus de ces cartes à valeur militaire on trouve beaucoup de plans relatifs à une réorganisation administrative (que j’expliquerai plus tard) et quelques documents traitant de travaux publics. De façon générale, ces cartes et plan ont une valeur stratégique que ce soit sur le plan militaire, économique, urbanistique). Ces cartes concernent le territoire « métropolitain » de l’Empire qui comptait 130 départements en 1811 (dont certains se trouvaient sur les territoires de l’Italie, de la Belgique et des Pays-Bas actuels). En revanche, on trouve certaines cartes relativement sobres qui traitent des territoires ultra-marins.

Carte du port de Gênes, 1804 (données militaires, urbanistiques et de circulation)

Je reviens sur la question urbanistique et de réorganisation administrative pour parler d’un des documents les plus connus de l’époque napoléonienne : le cadastre.

En réalité, il existait « deux cadastres ». En 1802, le premier cadastre a été lancé : il s’agissait du cadastre par masses de culture. Celui-ci devait être basé sur le regroupement de terres de même nature mais cette « version a été abandonnée » pour laisser place au cadastre napoléonien connu aujourd’hui et datant de 1807 : un cadastre à valeur juridique et fiscale. Ce cadastre a toujours cette forte valeur légale en cas de litige sur les limites de propriétés. Ce cadastre a un véritable impact sur les techniques actuelles. En effet, on remarque un forme de modernité par des procédés d’abstraction dont on se sert encore aujourd’hui en cartographie : division en zones (départements), tracés simplifiés dans le domaine de la voirie surtout…

Tracé de a rue d’Ulm (Paris, 1807), tracé à la règle qui « dépasse » sur les constructions existantes

Finalement, les documents napoléoniens sont encore d’actualité que ça soit pour leur valeur juridique ou pour les avancées qu’ils ont enclenché : abstraction, création d’un cadastre, carte d’état-major… Enfin, les documents de l’Empire permettent des comparaisons numériques permettant la visualisation d’évolution spatiales et temporelles.

 

https://cadastre.pagesperso-orange.fr/napo.htm

http://www.cartesfrance.fr/histoire/cartes-france-napoleon/

https://journals.openedition.org/rge/3382

CARTO n°50, novembre-décembre 2018, pages 66 à 73, C.Robin & G. Teillet

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