CompStat : le rôle de la SIG dans la police du futur


Phantasme du futur, vision de peur… La création d’un programme permettant d’assurer le taux zéro de criminalité – par la prédiction des crimes et la surveillance exacerbée de la population – est un scénario récurrent en science-fiction. L’accumulation de données personnelles par les autorités permet la mise en place d’un système de surveillance de masse à l’encontre des citoyens, à l’image de l’unité Precrime dans le Rapport minoritaire de Dick.

Source : Minority Report

Vision du futur

Par-delà le succès de son adaptation cinématographique, Minority Report, et d’un retour en forme du roman d’anticipation sur le devant de la scène – signe possible d’une extension du domaine de la peur dans nos sociétés -, les innovations biotechniques bouleversant les modes de vie et rappelant d’autres sujets primordiaux pour le genre (eugénisme, contrôle des naissances…), est-il incongru de ce poser cette question : sommes-nous vraiment éloignés de ce futur constricteur ?

L’usage d’un outil de prédiction criminelle ne relève pas de l’imaginaire. La cartographie criminelle est une discipline géographique. Le but : cartographier les points de délinquance et corréler les caractéristiques de son environnement pour en analyser les causes. Il est d’usage de dire que le crime est un acte géographiquement concentré, les éléments favorisant les pensées criminelles son peu ou prou identiques et récurrents, justifiant ainsi leurs études par la statistique et la géographie. Ces disciplines, attribuées aux géomaticiens et des SIG, fondent notamment l’application policière de la ville de New York : CompStat (COMPare STATistics).

 

CompStat, l’avant Precrime ?

Un aperçu de CompStat.

Avant l’adoption de CompStat en 1993, 2 000 homicides ont été répertoriés durant l’année par l’unité policière de la ville de New-York – la NYPD. En 2015, elle en comptait un peu plus de 300. L’efficacité de l’application se base sur l’envoi d’informations en temps réel concernant les tendances criminelles de la ville. Lorsque la tendance s’intensifie, les forces de l’ordre se déploie selon un plan d’attaque adapté à la géographie du lieu. En outre, l’avancement de l’opération est géré depuis l’application, permettant un déploiement juste des unités de la NYPD.

Si l’efficience de ce type d’application n’est plus à démontrer, il est encore loin des standards dépeints par la science-fiction. Bien loin des exactitudes des futurs dystopiques, ces applications se construisent sur une approche déterministe et donc probabiliste des faits criminelles – où l’environnement et le conditionnement mènent à une situation donnée – et non pas sur une surveillance psychologique et personnelle de la population, configuration typique de la police du futur. Il est encore loin ce futur où les habitants seront épiés et contrôlés selon leurs profils psychologiques et leurs notes sociales…


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