Le terrorisme dans le monde : le classement 2019 des pays impactés


Le terrorisme dans le monde : le classement 2019 des pays impactés

Couvrant la période de 1970 à septembre 2018, la récente parution du Global Terrorism Index 2019 confirme les tendances soulignées au cours des trois dernières années. Si l’étendue des pays touchés par les attaques terroristes reste considérable, et souvent corrélée à une situation de conflit armé (guerre civile), le nombre de victimes liées au terrorisme dans le monde diminue pour la quatrième année consécutive, soit une baisse de 52 % depuis 2014, année majeure dans le domaine du terrorisme contemporain.En effet, en 2018, 15 952 personnes décédaient lors d’une attaque terroriste, contre 18 814 l’année précédente. Il y est par ailleurs souligné que la majeure partie des pertes humaines est attribuable à un petit nombre de groupes terroristes, quatre mouvances ayant causé presque 60 % des pertes en 2018 : Les Taliban, l’Etat Islamique au Levant, Boko Haram et la wilaya Khorasan (affiliée à l’Etat islamique et présent en Inde (Cachemire), Pakistan et Afghanistan).

Le nombre de victimes du terrorisme : une tendance à la baisse

Le nombre total de victimes pour l’année 2018 a diminué de 15,2 % par rapport à l’année précédente. La baisse la plus importante est attribuée à l’Irak avec 3 217 décès de moins qu’en 2017, soit une diminution de 75 % qui lui fait perdre la première position (maintenue depuis 2003) dans le classement des pays les plus impactés par le terrorisme. Cette réduction est largement liée aux défaites territoriales de lÉtat islamique au Levant (EI) et notamment à la reprise de Baghouz le 23 mars 2019, dernier bastion de l’EI sur le territoire syrien, entravant ainsi les capacités opérationnelles du groupe terroriste.

La Somalie enregistre la seconde plus grande amélioration pour la deuxième année consécutive avec 824 victimes de moins qu’en 2017. Cette évolution s’explique notamment par l’action militaire américaine contre le groupe Al-Shabaab, lequel a vu ses attaques réduites de 27 % au cours de l’année 2018.

En revanche, avec une croissance de 59 % du nombre de victimes, l’année 2018 est une année charnière pour l’Afghanistan qui prend la place du pays le plus affecté par le terrorisme avec 7 379 victimes.

Depuis 2008, le nombre de décès liés au terrorisme a connu une hausse de 631 % dans le pays. 40 autre pays ont connu une détérioration, dont les plus significatives après l’Afghanistan sont constatées au Nigéria, au Mali et au Mozambique.

L’intensification de l’activité terroriste en Afghanistan, couplée à la réduction progressive des attaques en Irak et en Syrie, offre de fait aux Talibans le statut du groupe terroriste le plus meurtrier au monde, devant l’État islamique.

Par ailleurs, l’augmentation du nombre de décès sur le territoire afghan, ainsi que la présence du Pakistan, de l’Inde et des Philippines parmi les 10 pays les plus touchés par le terrorisme, font de l’Asie du Sudla région la plus impactée par le terrorisme.

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Réduction de l’impact du terrorisme

Bien que l’intensité de l’activité terroriste ait diminué, son étendue n’en demeure pas moins élargie ainsi qu’en témoigne le nombre de pays comptabilisant au moins un décès au cours de la période traitée.

En effet, avec 109 pays enregistrant au moins un incident terroriste, et 71 États souffrant d’au moins une victime, l’année 2018 s’attribue le second plus mauvais score. Depuis 2002, les incidents terroristes n’ont cessé d’augmenter, n’épargnant aucune région du monde. Pour autant, les attaques terroristes demeurent moins létales puisque 98 pays ont connu une amélioration en terme de nombre de victimes tandis que la situation s’est détériorée pour 40 autres.

L’Europe et le MENA (Middle East and North Africa) sont les deux régions où l’amélioration est la plus spectaculaire avec une baisse du nombre de victimes de respectivement 70 et 65 %. En effet, en Europe, le nombre de victimes a chuté pour la seconde année consécutive, passant d’environ 200 morts en 2017 à 62 en 2018.

En Europe de l’Ouest, on enregistre le nombre d’attaques terroristes le plus bas depuis 2012, avec 183 incidents recensés. Enfin, au Moyen-Orient et en Afrique, l’année 2018 a compté 4 400 décès de moins qu’en 2017. Le nombre de victimes du terrorisme a connu une réduction de 83 % depuis 2014, année où la région enregistrait un pic.

Cette amélioration s’explique notamment par la déterritorialisation de l’État islamique en Syrie et en Irak, les capacités opérationnelles et logistiques de l’organisation se trouvant fortement impactées. Pour autant, les pays craignent un regain de la menace terroriste due aux risques d’évasion de jihadistes détenus ou retenus par les Kurdes en raison du retrait des troupes américaines en Syrie mais aussi de la surpopulation des camps.

L’évolution de la menace terroriste

Les attaques terroristes d’extrême droite, plus portées par des individus isolés que par des groupes bien identifiés, ne cessent d’augmenter depuis les cinq dernières années, bien que celles-ci restent minoritaires, et restent cinq fois plus létales que les actions terroristes portées par les mouvements d’extrême gauche.

En Amérique du Nord, en Europe de l’Ouest et en Océanie, les attaques commises par l’ultra droite ont augmenté de 320 % entre 2013 et 2018. Pour l’année 2019, la tendance ne cesse de croître avec 77 victimes (chiffre arrêté en septembre 2019) dont 51 tuées par l’Australien Brenton TARRANT, l’auteur de l’attentat de Christchurch (Nouvelle-Zélande) en mars 2019. Par ailleurs, le nombre d’arrestations a également augmenté pour la troisième année consécutive.

La participation des femmes dans les activités terroristes a connu une augmentation, en partie liée à l’attractivité d’un public féminin à l’égard du projet politico-religieux de l’EI, bien que les femmes ne représentent qu’une infime part du contingent des auteurs d’attaques terroristes. Entre 1985 et 2018, environ 300 attaques suicides ont impliqué au moins une femme, faisant 3 000 morts.

Cette tendance s’est intensifiée ces cinq dernières années avec une augmentation de 450 % entre 2013 et 2018 du nombre de femmes impliquées dans une attaque suicide. Au sein du groupe Boko Haram, au cours des cinq dernières années, 80 % des attaques suicides sont commises par des femmes tandis que la participation des hommes dans ce type d’attaques a diminué de 47 % sur la même période.

Enfin, le retrait des troupes américaines de Syrie et les conditions de détention difficiles dans des camps et prisons surpeuplés laissent craindre des risques d’évasion de détenus jihadistes ainsi qu’un réhaussement de la menace lié au retour de certains fuyards sur le continent européen.

Les chiffres clés :

  • Baisse de 52%  du nombre de victimes liées au terrorisme dans le monde depuis 2014
  • 4 mouvances ont causé presque 60 % des pertes en 2018 : Les Taliban, l’Etat Islamique au Levant, Boko Haram et la wilaya Khorasan
  • L’Afghanistan n°1 des pays les plus affecté par le terrorisme avec 7 379 victimes.
  • L’Asie du Sud la région la plus impactée par le terrorisme
  • 98 pays ont connu une amélioration en terme de nombre de victimes tandis que la situation s’est détériorée pour 40 autres
  • Les attaques terroristes d’extrême droite sont 5 fois plus létales que celles portées par les mouvements d’extrême gauche
  • + 450 % du nombre de femmes impliquées dans une attaque suicide entre 2013 et 2018.

Bibliographie :

https://globalterrorismindex.org

https://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/GTI-2019-A3-map-posterprint-1.pdf

Intranet Min-Intérieur : UCLAT (Unité de coordination de la lutte anti-terroriste)