EcoCrimeMap : La carte participative sur les crimes environnementaux


L’exploitation illégale de ressources naturelles constitue le quatrième secteur de criminalité le plus important dans le monde, selon une étude menée en 2016 par Interpol et le Programme des Nations unies pour l’environnement. Elle génèrerait entre 110 et 281 milliards de dollars de profits illicites chaque année.

Et la cartographie peut (relativement) aider à combattre ces crimes. C’est l’idée qu’a eu Arthur Paré le fondateur de geosmine et de sa carte interactive en découlant, il propose de recenser tous les crimes écologiques commis dans le monde. Que ce soit du braconnage, de la pollution, de la déforestation, tous les crimes environnementaux peuvent être proposés et recensés sur cette carte.

 

Lancée par Geosmine à la fin du mois de novembre 2019, la Eco Crime Map permet à toute personne de  de témoigner ou relayer une information qui nuit à un territoire, des populations ou des espèces animales et végétales. Le partage collaboratif est l’essence même de cette carte.

Cette carte interactive est basée sur la technologie ESRI avec ArcGIS Online et le formulaire Survey pour proposer un « crime environnemental » que l’on a trouvé ou recensé. Il ne nécessite pas de fournir ou d’adresse e-mail garantissant l’anonymat et la sécurité des lanceurs d’alerte. L’association a bénéficié d’une licence ESRI pour les associations à but non lucratif. Une application utilisable en mode hors-ligne verra ensuite le jour pour reporter un fait.

Entre 2002 et 2017, 1500 personnes auraient été tuées alors qu’elles se battaient pour protéger la nature selon la revue Nature Sustainability.

 « Nous ne sommes pas des lanceurs d’alertes, prévient Arthur Paré, l’initiateur de la démarche. Nous concevons la carte avant tout comme un outil de recherche, qui va nous servir à comprendre comment cette nouvelle criminalité est organisée, ses modes opératoires. »

Le fondateur a également mené des enquêtes dédiées à la mobilisation de l’intelligence économique dans la lutte contre les crimes environnementaux transnationaux.

Le but est que d’ici la fin 2020, il y ait suffisamment de faits reportés pour établir des rapports d’analyse et trouver des liens entre les trafics de drogue et d’animaux.

« L’idée est de donner une voix aux victimes et témoins de ces crimes, qui peuvent indirectement produire des pertes économiques, atteindre les populations locales ou poser un problème en terme de santé publique… » indique Arthur Paré.

L’équipe de Géosmine, composée d’avocats en droit pénal international et environnemental et de chercheurs en criminalité environnementale, vérifie ensuite chaque information en la recoupant avec d’autres témoignages reçus, mais aussi avec les nouvelles diffusées par la presse locale ou les réseaux sociaux.
Ils prennent également en compte la législation en vigueur dans le pays où se situe le crime, afin de vérifier si la situation rapportée doit ou non être considérée comme illégale.

La cartographie collaborative permet ici de participer à la protection de l’environnement et d’établir des analyses pour permettre ensuite d’étayer des propos en faveur de l’environnement.

Lien vers la carte interactive :

https://ethra.maps.arcgis.com/apps/Embed/index.html?webmap=1f7807b7bef64fb08304cfcbdd438221&extent=-113.7193,-40.5067,58.5464,45.5283&zoom=true&previewImage=false&scale=true&search=true&searchextent=true&legendlayers=true&basemap_gallery=true&disable_scroll=true&theme=light

https://www.geosmine.org/

https://www.geosmine.org/eco-crime-map