Cartographie de la captation du carbone par nos forêts


Réduire le carbone dans l’atmosphère : enjeu principal de la COP26

La COP26 (conférence des parties) s’est ouverte la semaine dernière à Glasgow. Un des objectifs principaux est d’enrayer la déforestation d’ici 2030. En effet, actuellement, l’équivalent de 27 terrains de football sont déforestés chaque année. Une centaine de dirigeants mondiaux se sont engagés afin de stopper et d’inverser la déforestation d’ici 10 ans.

L’outil Biomass Carbon Monitor permet de suivre les variations de la capacité des forêts à réduire le carbone présent dans l’atmosphère. Il a été créé par l’entreprise Kayrros (start-up française qui permet de détecter le gaz à effet de serre dans l’atmosphère) en partenariat avec l’INRAE (institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) et le LSCE (laboratoire des sciences du climat et de l’environnement). Il est en développement depuis 30 ans et est enfin disponible en libre accès.

 

À quoi sert Biomass Carbon Monitor ?

 

Biomass Carbon Monitor permet d’accéder à des cartes mondiales sur la variation. Les données sont récupérées par le satellite européen SMOS de l’ASE (agence Spatiale Européenne) et sont combinées avec un puissant algorithme.

Ces cartes nous permettent de voir la relation entre l’évolution de carbone dans l’atmosphère et l’importance du développement de l’extension des forêts. À l’heure de la COP26, ces cartes permettent de donner un indicateur validé scientifiquement aux gouvernements pour suivre les variations de stocks de carbone, et notamment suivre les pertes de stockage carbone des forêts à la suite des évènements climatiques extrêmes. Elles sont mises à jour quatre fois par an et permettent de remonter jusqu’à 2011.

 

Quelques données mises en évidence par Biomass Carbon Monitor

 

Une première constatation a été effectuée : certaines régions de l’hémisphère nord stock du carbone tandis que les régions tropicales sont émettrices. Il s’agit du résultat de programmes de reforestation d’une part et de déforestations de l’autre. Nous allons voir ci-dessous différents exemples précis de captation de carbone par les forêts sur le globe.

Les forêts russes absorbent autant que la somme des forêts européennes (100Mt par an entre 2011 et 2020). Elles ont augmenté leurs capacités grâce à deux facteurs : la baisse de l’activité agricole et la hausse de température, permettant aux arbres d’avoir une activité plus tôt au printemps.

Les régions tropicales ne sont pas égales à l’échelle du globe. Les forêts d’Amérique du Sud ont subi une forte déforestation (perte de 40Mt par an au Brésil et de 20Mt par an en Bolivie). À l’inverse, le bassin du Congo et l’Asie du Sud-Est est quant à eux augmentent leurs surfaces de forêt (gain de 45Mt par an pour le Congo et de 30Mt par an pour l’Asie du Sud-Est).

 

Stock de carbone de la France entre janvier 2011 et Juin 2021

 

Le rôle des forêts sur la capture du CO2 n’est plus à démontrer et est connu depuis de nombreuses années. Biomass Carbon Monitor permet d’apporter un nouvel aperçu sur les variations du carbone contenu dans la biomasse aérienne de chaque région du monde.

 

Sources :