La géographie des déplacements des candidats à la primaire de la droite


S’il est un domaine largement influencé par la géographie il s’agit bien de la politique. Le vocabulaire est d’ailleurs riche dans ce domaine lorsque l’on parle de Ceinture Rouge au sujet des communes traditionnellement communistes dans la petite ceinture de Paris ou encore de terres du sarkozysme concernant les Hauts-de-Seine. En effet chaque tendance politique a des attaches dans des territoires bien définis tels que le Front National avec le sud-est, ou bien la droite de façon générale avec l’ouest parisien.
Toutefois ces tendances très nettes sont essentiellement mesurées par les résultats aux diverses élections. Étant en ce moment en période pré-électorale et de primaire, Libération a eu l’idée de maintenir à jour une carte des déplacements effectués par les (4 principaux) candidats à la primaire de la droite et du centre.
Sans revenir sur les spécificités des déplacements propres à chaque candidats (qui sont fonction de leur contexte propre), la géographie de ces déplacements est riche en informations pour comprendre les stratégies et le déroulement de cette campagne.

carte_primaires_globaleDéplacements des 4 principaux candidats, entre le 22 avril et le 03 nov. (Source)

En analysant ces déplacements, nous pouvons trouver qu’il se dégage au moins trois grandes logiques électorales :

1. Privilégier les principaux centres démographiques
Pour rallier à sa cause le plus d’électeurs possibles, il faut aller au plus près d’eux c’est à dire dans les grandes métropoles. Bien entendu nous trouvons en tête de cette logique les déplacements en région parisienne avec plusieurs dizaines de déplacements. C’est aussi ce qui explique pourquoi toutes les métropoles régionales ont eu leur lot de visites mais qu’il n’y en a presque pas eu dans la fameuse diagonale du vide (des Ardennes jusqu’au Béarn).

2. Nombreux déplacements dans les bastions de la droite
Viser les régions les plus peuplées est une valeur sûre, mais lorsqu’elles sont en plus déjà acquises à la droite c’est encore mieux. C’est pourquoi une région telle que le sud-est a fait l’objet de nombreux déplacements: les candidats à la primaire de la droite y sont globalement les bienvenus, c’est pourquoi chacun d’entre eux prend soin de bien occuper le terrain pour escompter pouvoir tirer la couverture vers lui en attirant plus de votes que ses concurrents.

3. Les déplacements « symboliques »
Enfin nous observons des déplacements plus « symboliques » dans le sens où ils ne servent pas tant à convaincre les gens sur le terrain qu’à envoyer un message plus global et jouer sur l’image du candidat. C’est ainsi qu’Alain Juppé va jusqu’en Polynésie pour montrer qu’il n’oublie personne ou que Nicolas Sarkozy rend visite aux grands alliés européens pour montrer son ouverture internationale. Ou bien encore globalement ce sont les visites dans les grands salons (automobiles notamment) ou encore à Lourdes. Tous ces déplacements servent à envoyer un message.

 

Au delà de ces modèles globaux, la carte de Libération propose de plus un filtre par date. La combinaison du spatial et du temporel nous permet ainsi de suivre les différentes phases de la campagne pour la primaire avec l’évolution des choix de déplacements. Trois périodes principales peuvent être identifiées:

1. Du printemps au tout début de l’été:
A cette période c’était le début de la campagne, il s’agissait donc de se maintenir à l’essentiel c’est à dire les grands centres urbains et ceux votant plutôt à droite: l’incontournable région parisienne, le sud-est et l’est, mais aussi la région lyonnaise.

2. Toute la période de l’été:
A ce moment-là les régions précédentes ne sont pas délaissées, mais l’attention est portée sur les littoraux, en particulier du côté atlantique (il faut faire campagne, certes, mais au bord de la mer c’est quand même plus sympa). En vérité c’est encore les logiques démographiques qui expliquent cela: les gens étant partis en vacances, les déplacements sont centrés sur les principales destinations touristiques de l’été.

3. Enfin depuis la rentrée:
Depuis début septembre les lieux des déplacements nous apprennent que l’on s’approche de la date fatidique: ils reprennent de plus belle et, surtout, les déplacements couvrent un peu mieux toute la France. Il s’agit de rallier à soi les derniers indécis, mais aussi de voir plus loin que la primaire. Ainsi lorsque hier Alain Juppé a rendu visite à des associations de quartier à Argenteuil c’est avec l’idée que la campagne pour la véritable élection présidentielle ne doit pas attendre la fin de la primaire mais se joue dès maintenant.

carte_primaires

Évolution du choix de déplacement des candidats (Source)


Sources:

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