La cartographie participative et son défaut insoupçonné – L’exemple de la commune d’Issou 2


La cartographie participative : une première définition

La cartographie participative, ces deux termes semblent prendre une place de plus en plus conséquente au sein du monde de la recherche et du grand public. En effet, avec la démocratisation des données libre d’accès (ou open data), de nombreuses cartes élaborées à partir de ces données sont créées.

Ainsi, avec une définition plus précise, la carte est vue comme un support iconographique au débat public et à la participation des communautés locales.  De plus, le terme participation est important car celui-ci implique la contribution du public dans la conception de la carte en elle-même.

Une approche très local du territoire

Les collectivités locales font donc face à plusieurs défis à la fois en termes de communication de la démarche auprès des citoyens, de pédagogie autour des enjeux des données, mais aussi également pour susciter la réutilisation des données dans le cadre de projets innovants. En effet, par le biais de l’implication dans les cartes et les bases de données, les communautés locales peuvent améliorer la qualité du produit final.

La cartographie participative à l’heure des technologies 2.0

La cartographie participative prend donc son envol grâce à l’avancement technologique et, comme vu précédemment, à l’ouverture des données au public. Ainsi, s’observe une nouvelle forme de cartographie reposant sur les techniques et les principes du Web 2.0.

Des outils géographiques de cartographie sur le web comme Open Street Map ou Google Map sont donc largement plébiscités à l’heure actuelle. Ces sites Internet permettent de consulter des cartes en ligne de manière interactive à l’échelle du globe avec plusieurs types de cartes : plan et satellitaire. Et la grande force de ces cartes 2.0 est la participation de n’importe quel citoyen à l’élaboration de l’écriture des cartes.

Une véritable force de la cartographie participative ou un défaut ?

La question mérite de se poser quand durant l’été 2016 (de fin juin à début août), plusieurs internautes ont décidé de modifier toutes les informations géographiques de la commune d’Issou sur Google Map (Yvelines). En effet, la commune a connu ce qu’on appelle un « raid » c’est-à-dire la participation massive sur la toile de plusieurs internautes avec pour objectif de perturber le site ciblé (ou « troller » le site, dans un langage orienté plus geek).

Informations erronées de la mairie d’Issou durant l’été 2016

La commune d’Issou « trollé » sur Google Map

Des plaisantins du site Internet Jeuxvideo.com et plus particulièrement du forum 18-25, ont pris pour cible cette commune pour des raisons bien particulière. En effet, le mot « Issou » semble être prononcé par Risitas, une icône connu sur Internet pour son rire communicatif. Et c’est ainsi que la ville d’Issou a connu une vague incessante de modifications des informations de la commune. Ces modifications des informations ont été permises par l’outil Google Map Maker ouvert à toutes personnes. Par exemple, la pharmacie de cette commune est devenue la « pharmissou ». Ou encore, plusieurs bâtiments principaux comme la mairie ou l’église ont connu une modification de leur image de représentation.

Par ailleurs, à l’heure actuelle et de la publication de cette article, la commune d’Issou connait encore des informations géographiques fausses contenant des images de Risitas.

Gare Transilien ligne J d’Issou en août 2017

En guise de conclusion sur la cartographie participative

Comme nous avons pu le voir, la cartographie participative 2.0 permet l’élaboration de projet ou encore d’améliorer sensiblement les informations locales par le biais de modification ouverte au grand public. Cependant, chaque donnée n’est pas obligatoirement surveillée par des instances officielles même s’il existe des modérateurs sur les sites en question. Dans le cas d’Issou sur Google Map cela peut poser plusieurs problèmes d’informations erronées.

 

Sources :

Plantin, Jean-Christophe, et Jérémie Valentin. « Données ouvertes et cartographie libre, Open data and open cartography ». Les Cahiers du numérique 9, nᵒ 1 (s. d.): 85‑107.

Irène HIRT, Stephane ROCHE, « Cartographie participative », in CASILLO I. avec BARBIER R., BLONDIAUX L., CHATEAURAYNAUD F., FOURNIAU J-M., LEFEBVRE R., NEVEU C. et SALLES D. (dir.), Dictionnaire critique et interdisciplinaire de la participation, Paris, GIS Démocratie et Participation, 2013, ISSN : 2268-5863. URL : http://www.dicopart.fr/en/dico/cartographie-participative.

http://lagazette-yvelines.fr/2016/10/19/issou-forum-jeuxvideo-18-25-harcele-mairie-yvelines/

http://www.leparisien.fr/issou-78440/issou-petite-ville-devenue-star-du-web-malgre-elle-24-10-2016-6247290.php

 

 


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2 commentaires sur “La cartographie participative et son défaut insoupçonné – L’exemple de la commune d’Issou

  • Miguel R.

    Moi de mon temps les gens ayant comme loisir la cartographie collaborative étaient matures, je trouve ça scandaleux que le niveau soit de plus en plus bas. Ça reflète bien le nivellement par le bas qui pousse notre société au déclin inévitable comme l’explique bien houllebecq dans ses livres

  • Robin Bénévent

    Je ne connaissais pas cette histoire 🙂 Mais je pense que ça relève plutôt du piratage que de la cartographie participative 😉