Découvrez Manhattan à l’arrivée des Européens


Avant les banquiers et les « fast food », Manhattan avait des loups gris, des marsouins et des Lenape (les Indiens du Delaware). Maintenant, les New-Yorkais peuvent explorer où ces hommes et ces animaux vivaient à cette époque, jusque dans leur propre quartier de résidence.

Le projet « Welikia » et le projet « Mannahatta » sont une reconstitution ambitieuse et interactive de ce qu’était New York et Manhattan en 1609, lorsque les premiers Européens ont commencé à s’installer sur l’île. La Wildlife Conservation Society organisatrice de ce projet, a choisi les termes Lenape « Welikia » pour « ma bonne maison » et « Mannahatta » signifiant « L’île aux nombreuses collines ».

Sur cette carte interactive vous pourrez constater une île remarquablement verdoyante avec une biodiversité extrêmement riche. Pour cela, il suffit de glisser la barre en bas de l’écran pour naviguer du présent au passé. Ce qui devrait vous donner ceci :

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Légende : Carte de l’île présent/passé Source : https://welikia.org/m-map.php

Légende : Carte de l’île présent/passé Source : https://welikia.org/m-map.php

Mais il est également possible d’aller sur une place précise. Par exemple, sur la barre en haut à gauche « enter a location » nous pouvons taper « Empire State Building » ce qui devrait donner ceci :

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Légende : Empire State Building Présent/Passé et avec les routes Source : https://welikia.org/m-map.php

Légende : Empire State Building Présent/Passé et avec les routes Source : https://welikia.org/m-map.php

Ensuite vous pourrez cliquer pour aller découvrir l’écologie indigène de New York et Manhattan d’aujourd’hui et du passé et où se trouvait la population Lenape :

Légende : Détails de la faune, des amérindiens et des paysages du quartier de l’Empire State Building en 1609. Ici cette carte illustre la probabilité de présence des espèces d’amphibiens en 1609 dans le quartier de l’Empire State Building. Source : https://welikia.org/m-map.php

Légende : Détails de la faune, des amérindiens et des paysages du quartier de l’Empire State Building en 1609. Ici cette carte illustre la probabilité de présence des espèces d’amphibiens en 1609 dans le quartier de l’Empire State Building. Source : https://welikia.org/m-map.php

Cette carte démontre que le centre d’une des villes les plus grandes et les plus urbanisées au monde était autrefois un paysage naturel remarquablement diversifié de collines, de vallées, de forêts, de champs, de plages, de cours d’eau, soutenant une communauté riche et abondante de faune ainsi que des amérindiens en harmonie avec cette Nature sauvage. En fait avec plus de 55 communautés écologiques différentes, la biodiversité de « Mannahatta » par acre rivalisait avec des parcs nationaux comme Yellowstone ou encore Yosemite.

Le projet « Mannahatta » a débuté en 1999 lorsqu’un écologiste Dr Eric Sanderson, travaillant à la célèbre Wildlife Society du zoo de Bronx s’est rendu compte qu’il était possible de « remonter dans le temps » et d’utiliser des techniques spatiales pour mieux comprendre la ville moderne et essayer de conserver la faune. Le but était de recréer avec un logiciel de cartographie chaque élément de nature de Manhattan avant l’arrivée des premiers Européens.

Mais pourquoi revenir dans le passé ?

De nombreuses espèces animales sont en déclin parce que les hommes ont empiété sur ce qui était autrefois un habitat faunique pour le transformer en villes, banlieues, fermes, autoroutes et autres paysages dominés par l’Homme. De toutes les sortes de développement, la ville est l’endroit le plus efficace pour accueillir des gens en concentrant les personnes dans une zone relativement petite. Avec de plus en plus de population qui se déplace vers les villes, plusieurs « mégapoles » à venir, et un développement urbain croissant partout à travers le monde, la Wildlife Conservation Society a essayé de cartographier New York avant qu’elle soit une métropole, afin de concevoir les villes d’une meilleure manière.

La carte de départ

Par hasard, le Dr Eric Sanderson est tombé sur la Carte du Siège Britannique, créée par les militaires en 1782 lorsqu’ils ont contrôlé New York pendant la Révolution américaine. Cette carte militaire très détaillée, illustre les différents emplacements des caractéristiques naturelles comme les marais salants, les collines et les forêts, que les cartographes de l’armée estimaient être des obstacles importants pendant qu’ils traversaient l’île. Cette carte était très importante en raison de la qualité du détail topographique et de la description des nombreuses caractéristiques naturelles de cette époque. Il est par exemple possible de retrouver chaque espèce d’arbre qui s’y trouvait.

Ainsi pour le projet « Mannahatta » plusieurs couches de géologie, des sols, des plantes et d’animaux de l’époque et d’aujourd’hui, ont été intégrées à une seule carte du Siège Britannique géoréférencée pour créer une immense base de donnée et obtenir une description extrêmement complète de la ville du passé.

Eric Sanderson Directeur du Projet « Mannahatta » Source : https://welikia.org/about/how-it-all-began/

Eric Sanderson Directeur du Projet « Mannahatta » Source : https://welikia.org/about/how-it-all-began/

Vers une ville du futur améliorée

Cette carte n’est pas juste une création fantaisiste mais plutôt un moyen de ré-imaginer le développement de la ville d’une meilleure manière qui incorporerait davantage de cycles naturels. Ainsi, il devrait être possible de restaurer certains processus écologiques perdus à New-York pour apprendre à créer des villes de « meilleure qualité » pour les gens. Par exemple, le maintien de cours d’eau naturels, et l’intégration de plus d’espaces verts et d’arbres dans la planification urbaine devrait augmenter la valeur esthétique, la qualité de l’eau et la qualité de l’air des citadins. Le fait de rendre les villes plus agréables à vivre, améliorera la qualité de vie des gens de la ville en attirant davantage de personnes dans les villes, pour limiter l’étalement urbain actuel. « Mannahatta » était également basée sur la biodiversité et elle avait cette résilience naturelle dont les villes modernes ont énormément besoin. Alors peut-être que cette carte sera un outil du futur pour concevoir les villes de New York, Paris ou Londres, avec d’immenses forêts et des toits verts, résilientes, denses, agréables à vivre et plus proches de la Nature ?

Pour consulter la carte :  https://welikia.org/m-map.php


Sources :

http://www.citylab.com/weather/2015/10/explore-the-lush-overgrown-ecology-of-1600s-manhattan/408367/

https://welikia.org/about/how-it-all-began/

https://welikia.org/explore/mannahatta-map/

https://welikia.org/science/recreating-mannahatta/

https://www.ted.com/talks/eric_sanderson_pictures_new_york_before_the_city?language=fr#t-50993

 

 

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