Jogging et données sensibles


Quand une application de jogging met à mal des données sensibles

Logo de l’application

Strava est une application de jogging qui possède une carte mondiale des itinéraires empruntés par ses utilisateurs. Mais l’historisation des différents parcours a permis d’identifier des bases militaires, qui n’ont pas forcément « d’existence publique » et constituent des données sensibles. Cette information a été relayées via de nombreux journaux d’actualité tels que Le Monde ou Libération.

Une application sportive classique

Strava permet d’identifier son itinéraires, qu’il ait été réalisé à pieds ou en vélo et de fournir à l’utilisateur des statistiques quant à sa performances : nombre de kilomètres parcourus, calories brûlées, évolution en fonction des courses etc… Elle permet également de partager ses résultats avec d’autres utilisateurs. Le service propose également un coaching personnalisé afin d’améliorer ses performances sportives. A l’instar des réseaux sociaux, il est ainsi possible de se créer un profil, de s’abonner à d’autres profils afin de suivre leurs activités, et de partager du contenu avec eux, ou bien de lier son compte avec d’autres réseaux sociaux tels que facebook, Twitter ou Instagram par exemple.

Carte de densité issue de l’application Strava

Les utilisateurs de cette application sont extrêmement nombreux, et la page de téléchargement indique un nombre de téléchargement dans une fourchette de 10 à 50 millions dans le monde. L’application propose une carte de densité qui permet de visualiser les territoires ou il y a le plus d’utilisateurs et les chemins qu’ils empruntent afin de découvrir d’éventuels nouveaux accès ou bien d’autres utilisateurs de l’application.

Inquiètude chez les militaires

Des bracelets connecté permettent de géolocalisés les itinéraires empruntés par les utilisateurs avec une certaine précision. Par la suite une densité de sportifs dans une zone précise peut ainsi être identifié. La problématique se pose alors autour des zones militaires : une forte densité d’utilisateur est soulignés, et en callant l’information avec une cartographie du territoire, ou plus efficace encore, une photographie aérienne récente, il est possible d’identifier des bases militaires.

Base militaire identifiée via Strava : image issue du Les Echos

Par ailleurs des militaires du monde entier utilisent cette application, qu’ils soient dans leur base de rattachement ou bien en mission extérieur. Des problématiques de sécurité peuvent être particulièrement importante dans le cas de pays en conflits. L’application permet ainsi a des ennemies potentiels d’avoir accès à d’importantes informations même si ces dernières ne sont pas localisées temporellement.

Des répercutions globales ?

L’impact de cette application qui paraissait anodine aura peut-être une répercution sur la géolocalisation et la vision que l’on en a. Le fait qu’une entité aussi importante que l’armée américaine, ou les armées (plusieurs armées ont été impactées) permet une diffusion importante de l’information. L’armée américaine a été particulièrement touchée du à une mesure de distribution de bracelet Strava dans le cadre d’une campagne de lutte contre l’obésité comme le souligne un article du Washington Post. Cela va peut être permettre à tout un chacun de se poser la question de la géolocalisation, de l’importance potentielle des données que nous diffusons et de poser la question de la confidentialité des données. Une prise de conscience de l’importance des données que l’ont transmet, sans se rendre compte de l’impact qu’elles peuvent avoir est important, que ce soit des informations géolocalisées ou non. L’importance de cet événement et les dommages qui peuvent en découler permettra ainsi d’éventuellement relancer le débat sur la diffusion des données personnelles ou des données sensibles.

 

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