Les violences civiles au Burundi cartographiées


C’est un conflit dont on a finalement assez peu entendu parler. Au Burundi des émeutes et manifestations éclatent depuis Avril 2015 avec l’annonce de la candidature de Pierre Nkurunziza pour son troisième mandat présidentiel. Cette annonce a  déchainé les foules car cette troisième candidature viole la constitution du pays mais aussi les accords d’Arusha de 2000 qui ont permis de sortir d’une guerre civile grâce notamment à Mandela. Ce conflit est d’ordre politique et non pas ethnique comme l’a pu l’être le conflit au Rwanda entre hutu et tutsi. Il y a d’un côté les loyalistes et de l’autre les putschistes qui sont pour une prise du pouvoir par la force.

Lors des élections en juin derniers les protestations coutèrent la vie à plus de 200 personnes. La police a ouvert le feu sur les populations dans les quartiers contestataires. Aujourd’hui on entend parler de massacre, Le président du Sénat, Révérien Ndikuriyo, a parlé de « pulvériser » les quartiers contestataires. La police exerce une politique de terreur et tire à vue selon le journal Le Monde.

burundi

Un américaine ayant fait ses études en Europe dans le domaine de la géopolitique, venue au Burundi peu de temps après l’annonce du 3ème mandat se rend compte des tensions politiques dans le pays et des violences rencontrées. Elle a pour idée de créer une carte des violences civiles au Burundi pour avoir une vision d’ensemble et voir l’ampleur du massacre que connait le pays. La population pourra donc témoigner et se tenir au courant en temps réel des violences dans le pays.
La 2015Burundi Crowdmap affiche donc tous les jours les actualités du pays regroupés en différentes catégories (16 en tout) : enlèvement, morts, blessures, affrontements, manifestations pacifiques…

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Cette carte interactive est connue par les acteurs internationaux. Malheureusement la créatrice de cette carte (qui ne veut pas que l’on cite son nom) avoue que son projet n’a que partiellement abouti car c’était avant tout pour les populations locales. Elle voulait y ajouter des témoignages, or elle s’est vite redue compte qu’avec la terreur qui règne dans le pays que les populations avaient peur de témoigner par peur de représailles.
Pour des raisons de sécurité la créatrice a dû quitter le Burundi, la plateforme est maintenant gérée au Canada par l’ONG peace geek. Ayant plus de moyens matériels et humains cette ONG a tenté de faire aboutir le projet initial en intégrant des témoignages à l’aide d’une association présente sur place. Cependant les membres de l’association ont été menacés de mort et contraints de quitter le pays.
La situation au Burundi est terrible et cette cartographie est également un moyen de faire réagir la population et les gouvernements étrangers ce qui pourrait aboutir à des arrangements. Cependant sans témoignages les données restent peu fiables et donc peu exploitables.

Sources:

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