Comment les logiciels libres facilitent-ils la création et la publication de données brutes ?


Suite à un stage de recherche que j’ai effectué sur plusieurs semaines, j’ai pu me rendre compte de l’importance qu’est de récolter quantité de données brutes afin de faire évoluer certaines études scientifiques. Ce stage portait sur le Mekong, l’une des plus longues rivières au monde aux enjeux multiples, précisément au niveau de la ville de Phnom-Penh, au Cambodge. Ma mission principale était simple : cataloguer un maximum de données brutes relatives à la rivière ainsi qu’autour de la capitale cambodgienne.

 

La démarche utilisée afin de cataloguer un maximum de données, et de les rendre les plus exhaustives possibles, passait par un Système d’Information Géographique (SIG) et Google Earth. Le choix du SIG a été celui d’un logiciel libre, QGis par son caractère gratuit et intuitif. D’autre part, Google Earth est pertinent car ses images satellites sont gratuites et permet également de créer des fichiers kml, pouvant être lus et/ou formatés en shape, notamment, sur QGis. Le logiciel regroupe plusieurs outils et fonctionnalités intéressantes dont l’outil qui permet de « remonter le temps ». En effet, nous pouvons revoir les anciennes images qui ont été photographiées plusieurs années auparavant. Cet outil nous donne alors la possibilité de comparer un même objet dans le temps et ainsi observer concrètement son évolution.

L’outil Google Earth nous donne ainsi les outils pour créer des points, polygones et lignes. Dans notre travail, nous avons utilisé ces deux premiers afin de cartographier certains éléments dont les bateaux embarquant des sédiments, des remblais, ou encore des lacs.

Une fois les éléments récupérés nous avons créé un fichier Excel afin qu’il soit lui aussi lu et manipulable sur QGis en lui donnant la forme d’une table attributaire. Les champs créés sont tous justifiés dans un autre fichier qui explique leur raison d’être e pour qu’ils soient insérés dans le tableau.

Création de polygones et de points sur Google Earth, F. Di Tursi

Création de polygones et de points sur Google Earth, F. Di Tursi

En nous servant de l’outil « remonter le temps » pour chaque objet géographique, nous pouvons nous rendre compte de certaines périodes historiques où un objet apparaît plus ou moins régulièrement. Ces périodes sur un objet local seront recoupées sur une échelle plus générale, soit au niveau du régime politique en vigueur, du système économique ou encore des tendances sociales (mentalité de la population, habitudes de vie, etc.). Cela se fait au moyen de plusieurs sources sur des sites gratuits ou disponibles dans les bibliothèques universitaires. Toutefois, dans la pratique, cela donne plus de difficultés de trouver des éléments qui font correspondre plusieurs événements, à la fois politiques et des mêmes objets géographiques. Nous restons souvent au niveau de l’hypothèse.

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L’outil « remonter le temps » sur Google Earth, F. Di Tursi

Enfin, les données brutes que nous aurons récoltées, puis cataloguées dans un tableau Excel, permettront d’établir des hypothèses, de compléter des éléments de réponse ou bien même de confirmer ou infirmer ces dernières. Mises en ligne sur des sites de stockage de données elles pourront servir à d’autres études se situant sur la même zone géographique, notamment. Elles pourront aussi être complétées par d’autres personnes et ainsi alimenter la base de données. En somme, cela servira autant pour des personnes lambda que des scientifiques très spécialisés que des chercheurs et/ou étudiants universitaires menant une étude demandant ce type de données.

Pour conclure, nous pouvons dire que la création de nouvelles données sont indispensables aux avancements de la recherche et des connaissances scientifiques. Le caractère brut permet précisément une manipulation diverse, multidisciplinaire sur une même donnée, notamment. Ici, nous les avons traitées avec un logiciel SIG et Excel, mais il est possible d’utiliser bien d’autres logiciels et encore d’autres outils. Toutes ces observations et analyses auront un impact sur la recherche.

De manière générale, les logiciels libres de plus en plus divers et disponibles sur Internet, permettent de faire accélérer la quantité de données brutes, car plus de personnes, de toute profession, y ont accès. Cette facilité d’accéder aux bases de données libres pour déposer son travail profitera à la science et à la recherche.

Fanny Di Tursi

12/09/2016

 

 

Sources :

Hervé Bentégeat, Le Mékong : du Tibet à la mer de Chine, Bélem éd., Paris, 2004

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