Open data : vers une carte vitale du bâtiment intelligent


Le concept de bâtiment intelligent ou smart building s’inscrit dans la politique de performance énergétique lancée au niveau européen afin de réduire la consommation d’énergie des bâtiments et ainsi diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, le secteur du bâtiment étant responsable de près de 25 % des émissions françaises. Selon la DRIEE d’Ile de France, les bâtiments intelligents font partie du marché des smarts grids, qui visent à « intégrer des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans les réseaux électriques ». Grâce à l’utilisation des énergies renouvelables ou alternatives, la consommation énergétique mais aussi économique peut être maitrisée par les ménages. L’intégration de ces nouvelles technologies d’information au sein de l’habitation ou du bureau vise à piloter et contrôler de manière précise, optimiser la consommation et ainsi apporter un confort supplémentaire aux habitants. Ces « solutions d’efficacité énergétique » nécessitent la mise en œuvre de dispositifs opérationnels de mesure, reliés au réseau et s’inscrivent donc dans un partage de l’information.

L'’îlot Hikari en bordure de la darse de Confluence à Lyon

L’’îlot Hikari en bordure de la darse de Confluence à Lyon Source : http://www.usine-digitale.fr/article/les-trois-travaux-data-du-batiment-intelligent.N355658

 

Se pose alors la question de l’open data sur les données privées de ces bâtiments, est-ce un pas de plus vers l’intrusion dans la vie privée ? Afin de proposer des solutions concrètes, l’association Smart Buildings Alliance (SBA) créée en 2012, a développé plusieurs sujets dont celui d’une carte vitale du bâtiment. En effet, en 2014, Sylvia Pinel, Ministre du Logement, a lancé un Plan Transition numérique du bâtiment, suite à la Loi sur la transition énergétique. « Un carnet de suivi et d’entretien du logement » devrait être obligatoire dès 2017 pour les logements neufs et être applicable pour les logements anciens ou en mutation d’ici 2025. La collecte des données se porte sur les usages des personnes vivant ou travaillant au sein du bâtiment intelligent. En effet, leur mode d’utilisation et d’occupation de l’immeuble (au sens juridique) peut influencer grandement la consommation finale. Ce « passeport efficacité énergétique » du bâtiment qui intègrera des données sur les travaux effectués ou les réparations d’entretien entre autre, serait accessible à tous. Mais la problématique première se porte sur le partage des données et son devenir : ces informations feront-elles l’objet d’un commerce ou seront-elles mises à disposition gratuitement ? Car pour qu’un bâtiment connecté puisse fonctionner de manière optimale, la circulation des données doit se faire en temps réel entre les différents acteurs concernés. Sont alors mis au centre de la table les questions relatives « au droit d’auteur, à la responsabilité des acteurs, à l’exploitation des données [vis-à-vis de] la loi informatique et libertés ».

 

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Source : http://www.torondel.net/portfolio/batiment-intelligent/

Ce nouveau paradigme du bâtiment intelligent voire de la ville intelligente et connectée implique également des moyens de mise en œuvre inédits qu’il faudra impulser avec la création de nouveaux métiers. La mutation dans ce domaine est complexe car l’arrivée de nouveaux corps de métiers imposera une mutualisation de tous les acteurs afin de réaliser un projet pertinent capable d’être le plus adapté aux usages du bâtiment, tout en répondant aux différentes normes déjà existantes. Aujourd’hui, il s’agit d’adapter la consommation d’énergie en fonction de la production disponible, à l’heure où les ressources s’épuisent inexorablement, et non l’inverse que l’on pratiquait jusque-là : piloter la production en fonction de notre consommation.

 

 Pour aller plus loin

En s’appuyant sur ce modèle de smartbuildings, les chercheurs voient à une autre échelle : celle du quartier et même de la ville : les smartdistricts et smartcities. Deux pilotes de projets européens ont déjà été développés : le campus tertiaire en Grèce et un quartier résidentiel en Angleterre.

 

Sources :

http://www.limmobilierdunmondequichange.fr/avis-d-experts/economies-energie-big-data-enjeu-batiments-intelligents/

http://www.usine-digitale.fr/article/les-trois-travaux-data-du-batiment-intelligent.N355658

http://www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/les-batiments-intelligents-ou-smart-buildings-r1019.html

 

Vidéo :

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Tridium Marketing

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