Global Forest Watch et la prévention des déforestations


De quoi s’agit-il ?

Global Forest Watch (GFW) est un nouvel outil de surveillance, construit dans un effort global pour surveiller les forêts autour du globe. Un partenariat international, lancé par des sociétés privés et des gouvernements

Sur le site internet, n’importe quelle personne peut accéder à des images de bonne résolution (30 m x 30 m) et recevoir des nouvelles hebdomadaires sur une zone en particulier. Les cartes dynamiques disponibles utilisent un langage simplifié, mais sans perte de qualité. Un pas vers la diffusion d’informations.

Il y a d’autres programmes avec une approche similaire, comme GLAD (Globe Land Analysis and Discovery). Cependant, le pas de temps réduit du GFW et son interface plus user friendly incite plus à l’usage par le citoyen ordinaire.

Peut-on manipuler les images satellites ?

La disponibilité d’un outil si puissant est très avantageuse, mais il faut savoir lire entre les « pixels » de l’image. En prenant l’exemple de la mine de Salobo (Pará, Brésil) : la première image date de 2002, et la deuxième, de 2015. La différence de 13 ans entre les deux images montre que la déforestation a ravagé plus agressivement les « bords » de la mine que le site d’extraction lui-même. Par ailleurs, la propriété autour de la mine (zone de conservation) n’a pas ressenti les impacts de plus d’une décennie d’anthropisation.

Avancement de la déforestation (en rose) de la mine de Salobo

Sans prendre en compte d’autres facteurs comme la pollution de l’eau et du sol, un journaliste pourrait utiliser ces deux images pour défendre l’industrie, accusée de ravager des hectares et hectares de forêt. Effectivement, les grosses mines d’extraction ne sont pas les responsables de la disparition de l’Amazonie, ce rôle revient à l’industrie agro-alimentaire.

Par contre, les mines ont un rôle non-négligeable, qui n’apparaît pas dans les images et ne semblent pas être compensé par leurs activités de reboisement. Selon l’étude de Sonter et al (2017), la déforestation issue des activités indirectes de l’industrie minière correspond à 70% de la déforestation total de ce secteur. Entre 2005 et 2015, 9% de l’Amazone brésilienne a disparu à cause des mines directement ou indirectement. Par ailleurs, le taux de déforestation de ces effets secondaires (urbanisation, construction de routes, etc) était 12 fois plus rapide que celle du site d’extraction lui-même. Un fait qui peut échapper à une simple analyse des images proposées par GFW.

 

Source :

https://climatepolicyinitiative.org/publication/strengthening-brazils-forest-protection-in-a-changing-landscape/

http://www.obt.inpe.br/OBT/assuntos/programas/amazonia/prodes

http://glad.umd.edu/gladmaps/globalmap.php

Laura J. Sonter, Diego Herrera, Damian J. Barrett, Gillian L. Galford, Chris J. Moran, Britaldo S. Soares-Filho. Mining drives extensive deforestation in the Brazilian Amazon. Nature Communications, 2017; 8 (1) DOI: 10.1038/s41467-017-00557-w

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