L’OMS produit une cartographie des pays les plus pollués


3, 2, 1… Prenez votre respiration ! Pourquoi me direz-vous ? Parce que l’on connait dorénavant un peu mieux la répartition de l’air pollué dans le monde grâce à l’OMS.

En effet, le 27 septembre 2016, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a publié les estimations nationales de l’exposition à la pollution de l’air. Cette nouvelle carte interactive permet d’appréhender davantage les effets sur la santé et également de définir les zones les plus polluées du monde en fonction de l’air. Comment peut-on définir la pollution de l’air ? Sur son site, l’OMS nous apprend que « par pollution de l’air, on entend la contamination de l’environnement intérieur ou extérieur par un agent chimique, physique ou biologique qui modifie les caractéristiques naturelles de l’atmosphère« .

Une nouvelle méthode de mesure de la qualité de l’air a justement été élaboré par l’OMS. Le premier résultat mis en avant dans le communiqué de presse est que « 92% de la population mondiale vit dans des lieux où les niveaux de qualité de l’air ne respectent pas les limites fixées par l’OMS« . Cela signifie que de nombreux pays ne respectent pas les normes requises par l’OMS. La norme de l’OMS correspond à 10 micro-grammes de particules dans un mètre cube d’air en moyenne chaque année.

Le modèle opte de surcroît pour une définition et une fiabilité jamais égalée puisque les mesures ont été faites via une grille de 10km sur 10km. L’OMS n’a pas été seule dans ce projet puisqu’il y a eu une collaboration avec l’Université britannique de Bath. Les données mesurées proviennent de différents capteurs avant d’être mutualisées par la suite.

Ainsi, elles sont issues des stations au sol (urbaines et rurales), des multiples transports aériens et également des satellites. « Le nouveau modèle de l’OMS montre les pays dans lesquels on retrouve des zones à risque en matière de pollution de l’air et sert de base pour le suivi des progrès réalisés dans la lutte contre ce phénomène« , indique le Dr Flavia Bustreo, Sous-Directeur général à l’OMS. Cela signifie que la nouvelle méthode de calcul sera utilisée de manière récurrente. De plus, nous pourrons aussi à travers la carte, étudier l’évolution des différentes zones.

Ce modèle novateur donne donc lieu à une carte interactive très complète. Cette carte permet de se représenter concrètement les zones polluées. On peut également opérer plusieurs zoom pour améliorer les détails et faire apparaitre les villes. Autrement dit, la carte de l’OMS permet d’étudier la pollution de l’air selon des zones transfrontalières, selon les pays, et selon les villes et principales métropoles mondiales comme le montre la carte ci-contre. L’OMS nous informe sur l’exposition aux matières et particules d’un diamètre aérodynamique inférieur à 2,5 micromètres (ou PM2,5) pour tous les pays en pratiquant une pondération en fonction de la population. Les stations au sol permettent aussi d’apporter des données sur les mesures des PM10 et PM2,5 dans environ 3000 villes.

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La pollution de l’air dans 3000 entités urbaines entre 2008 et 2015 (source: https://www.populationdata.net/cartes/monde-oms-pollution-villes-2016/)

On sait également par le Dr Maria Neira, Directrice, Département Santé publique, qu’environ 1 décès sur 9 dans le monde à pour cause l’exposition à la pollution de l’air intérieur et extérieur. C’est un enjeu déterminant, c’est pourquoi les villes sont très attentives lorsqu’on parle de pollution. Elles pratiquent de plus en plus de relevés de mesures pour contrôler ou rectifier le plus rapidement possible l’air ambiant. C’est un enjeu crucial puisque 3 millions de décès par an sont liés à la pollution de l’air extérieur. De surcroît, environ 90% de ces décès surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Les principales sources de pollution de l’air sont les modes de transport inefficaces, les nombreux combustibles ménagers, la combustion mal gérée des déchets, les activités industrielles etc. Cependant, la pollution de l’air n’est pas seulement causée par les activités humaines, il existe aussi des phénomènes naturels qui jouent sur la qualité de l’air comme par exemple les tempêtes de sable présentes dans les régions proches des déserts. Toutefois, elle ajoute avec optimisme que d’après elle, « il existe des solutions, notamment des systèmes de transports plus viables, la gestion des déchets solides, l’utilisation de poêles et de combustibles propres pour les ménages ainsi que les énergies renouvelables et la réduction des émissions industrielles« .

A l’échelle du monde :

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Pollution globale (source: http://who.maps.arcgis.com/apps/webappviewer/index.html?id=8bdbf74fb9ab491798de1f5dd797040a)

La cartographie interactive présentée ici a pour but de faciliter la visualisation de certaines disparités géographiques. A l’échelle du monde, les territoires où l’air est le plus pollué sont donc situés majoritairement en Afrique (autour du désert du Sahara), au Moyen-Orient (autour du désert d’Arabie), ainsi qu’en Inde et en Chine. En Europe, on peut distinguer 3 espaces :

– la zone peu ou pas polluée avec moins de 10 micro-grammes de particules par mètre cube d’air (en moyenne) concerne le Nord de l’Europe avec les pays Scandinaves, l’Islande, le Danemark, l’Irlande, l’Ecosse etc.

– la zone moyennement polluée avec entre 11 et 15 micro-grammes de particules par mètre cube d’air (en moyenne) concerne l’Ouest de l’Europe avec les pays du Benelux, le Portugal, l’Espagne, la France, l’Allemagne, l’Angleterre, la Suisse etc.

– la zone beaucoup polluée avec entre 16 et 25 micro-grammes de particules par mètre cube d’air (en moyenne) concerne le Sud et l’Est de l’Europe avec les pays des Balkans, l’Italie, la Pologne, l’Ukraine etc.

Au final, l’air demeure plutôt sain à respirer au Canada, au Nord de la Russie ou encore en Australie, autrement dit des zones peu aménagées, peu peuplées, et où la météo et le vent parviennent à chasser les particules. Curieusement, les Etats-Unis semblent avoir un air globalement peu pollué, excepté en Alaska, un peu en Californie et autour des villes de New-York, Detroit et Chicago où les industries, les populations et les transports sont très présents.

A l’échelle des villes européennes :

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Pollution dans les villes européennes (source: http://who.maps.arcgis.com/apps/webappviewer/index.html?id=8bdbf74fb9ab491798de1f5dd797040a)

A l’échelle des villes européennes, on remarque que les villes des régions industrielles possèdent un air très pollué comme par exemple en Allemagne avec la Ruhr ou en Pologne avec la Silésie. De surcroît, les villes qui se situent près des fleuves ont parfois un air très pollué comme dans la plaine du Pô (Milan etc.) ou encore le long du Danube (Bucarest, Belgrade etc.).

La carte interactive et le modèle de l’OMS ne sont que les prémices d’une vaste campagne de communication s’intitulant BreatheLife portant évidemment sur la pollution de l’air. Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre l’OMS et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). In fine, l’objectif est de sensibiliser les populations au problème de pollution de l’air et de démontrer que cela correspond à un risque majeur aussi bien pour la santé de chacun que pour le climat mondial de tous. La campagne est axée sur deux principaux leviers. Tout d’abord, il y a la proposition de mesures à mettre en place dans les villes pour réduire la pollution. Ensuite, il y a le développement d’idées et de pratiques que chaque individu (seul ou en communauté) peut mettre en place en vue d’améliorer la qualité de l’air.

Sources :

http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2016/air-pollution-estimates/fr/

http://www.who.int/topics/air_pollution/fr/

http://who.maps.arcgis.com/apps/webappviewer/index.html?id=8bdbf74fb9ab491798de1f5dd797040a

http://www.francetvinfo.fr/meteo/particules-fines/carte-voici-les-500-villes-les-plus-polluees-du-monde_1846403.html

http://www.francetvinfo.fr/meteo/particules-fines/pollution-de-l-air-ou-ne-fait-il-pas-bon-respirer-sur-la-planete_1844601.html

http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/20160927.OBS8831/carte-interactive-l-oms-modelise-la-pollution-mondiale-aux-particules-fines.html

Jobin Maxime

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