Une solution innovante pour lutter contre les violences faites aux femmes en Inde


    Quand on parle de la problématique des violences faites aux femmes en Inde, on a tous en tête le terrible viol collectif de Jyoti Singh, jeune étudiante de 23 ans, à New Delhi le 16 décembre 2012. Après cet événement, «des hordes de manifestants se rassemblent dans la capitale indienne pour exiger […] » que la peine capitale soit appliquée aux auteurs de ce crime.

    Ce terrible événement a révélé au monde entier la dure réalité de la vie des femmes indiennes et l’insécurité à laquelle elles sont confrontées dans leurs vies quotidiennes. La fondation Thomson Reuters a mené une étude sur les vingt premières économies mondiale et « avait classé l’Inde comme le pire pays pour les femmes ». La maltraitance des femmes en Inde s’est accrue depuis les quarante dernières années (de 1972 à 2012) d’après le Bureau Indien des statistiques criminelles « les cas de viol ont augmenté de près de 900 %, soit 24 206 plaintes en 2011 (dont un quart seulement ont débouché sur des condamnations) ». D’après une étude internationale sur l’égalité hommes-femmes dans six pays émergents menée par le Centre International pour la Recherche sur les Femmes en Inde, il a été observé que seulement 17 % des hommes indiens sont qualifiés des « très équitable » c’est-à-dire en faveur de l’égalité entre les sexes.

    Des réponses institutionnelles ont été apportées par le gouvernement indien qui a adopté en mars 2013 une loi anti-viol dont les effets sont minimes puisque le nombre de viols n’a pas diminué pour autant. Toutefois d’après Vijay Raju cette loi a eu pour effet d’incité davantage de femmes a déposer plaintes.

    Vijay Raju fondateur du World Economic Forum a proposé en mai 2016 une solution pour répondre à cette problématique sécuritaire. Il a proposé la mise en place d’un réseau de drones connectés « chargés de prévenir les crimes, de prendre en charge une victime après une agression et d’envoyer une patrouille si besoin ». Vijay Raju a choisi « un drone bracelet ». Le drone retenue a été crée par la société Nixie, qui n’a pour le moment pas dévoilé toutes les caractéristiques de son produit. 

Toutefois on sait que :

  • Son coût devrait être « un peu plus cher qu’une caméra GoPro (mais le prix dépendra aussi du nombre d’unités vendues) »,
  • Les vidéos réalisés par le drone ont une qualité de 1080 pixels soit une qualité Full HD,
  • Le drone possède deux modes pour tourner des vidéos, le mode boomerang et le mode « follow me ».

De plus, on suppose que ce drone est muni d’un GPS, dans le cadre du projet de Vijay Raju il est indispensable de géolocaliser les personnes en détresse.

    Vijay Raju a imaginé une chaîne d’action de la mise en service du drone jusqu’à la diffusion des informations recueillies vers les autorités concernées pour traiter la plainte et prendre en charge la victime en cas d’agression (cf. Illustration 1). Compte tenu du coût que représenterait l’acquisition de ces drones. Raju prévoit qu’une partie des financements proviendrait de la location d’un dispositif « drone bracelet – téléphone » proposé aux touristes internationaux dès leurs arrivée à l’aéroport pour un montant de 100$ soit environ 6643 roupies. La récupération et la diffusion des vidéos et images envoyées par les utilisateurs seraient effectuées par une entreprise privée en partenariat avec les autorités publiques locales. Raju met l’accent sur le fait que dans ce poste de contrôle, il doit y avoir du personnel bilingue dans l’optique d’aider efficacement n’importe quel touriste en situation d’urgence. A terme ce dispositif se démocratiserait et serait accessible à un grand nombre d’indiennes.

Illustration1: Système imaginé par V.Raju pour la prévention et la prise en charge des victimes de viols en Inde

Illustration1: Chaîne d’action imaginée par V.Raju pour la prévention et la prise en charge des victimes de viols en Inde

    Le projet de Vijay Raju est crédible puisque des drones ont déjà été utilisés pour le maintient de l’ordre public en Inde notamment lors de la fête de Durga Puja en 2013 dans la ville de Kolkata, état du Lalbazar. L’objectif était de surveiller en permanence les mouvements de foule dans la ville pendant les cinq jours de festivité. Le drone utilisé a une durée de vol de 2 heures pour une altitude maximale de 250 mètres. De plus, ce drone permet de suivre les objets et les personnes suspectes « sur une distance de 5 km ». Les données produites par le drone ont été analysées en temps réel au poste de contrôle et de commandement de la police locale. Ce dispositif fait partie du projet « Safe City » mis en place par le gouvernement indien depuis 2005. Toutefois, ce drone serait issu du milieu militaire et aurait une voilure fixe contrairement au Nixie qui est un quadcoptère (drone muni de quatre rotors) et qui vole a plus faible altitude.

    La solution proposée par Vijay Raju permettrait de protéger les femmes, d’accroître l’efficacité des forces de polices indiennes sur le terrain et dans le traitement des plaintes. Cette initiative a le mérite d’être économiquement viable puisque que l’année dernière New Delhi a accueilli à elle seule 8 millions de touristes internationaux. L’une des difficultés majeures à laquelle se heurte la réalisation d’un tel projet est la législation indienne. En effet, cette dernière n’autorise pas les civils à utiliser librement des drones dans les rues. Toutefois, cette situation pourrait changercar le gouvernement indien a modifié sa législation en matière d’utilisation de drones à des fins commerciales. Depuis le 2016, le géant Amazone est autorisé à faire des livraisons avec des drones en Inde.

Sources

Site internet :

http://www.journaldugeek.com/2014/09/30/nixie-drone-poignet-selfies/

http://www.slate.fr/story/66755/inde-femmes-viol consulté le 22/09/2016

http://www.slate.fr/story/123375/drones-viol-inde consulté le 20/09/2016

http://www.kemmannu.com/index.php?action=headlines&type=1215 consulté le 22/09/2016

https://youtu.be/kfzqUsGMHE0

Périodique :

Quotidien Direct Matin N°1932 du 15 septembre 2016

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