Un métro pour l’Empire Romain ?


Dès -300 av J-C, les romains ont décidé de mettre en place un système de routes pour asseoir leur domination sur les territoires conquis.

Ces routes d’abord construites pour des raisons militaires, permettent de relier Rome à tout l’Empire et de développer le commerce.

Les historiens estiment que la première représentation cartographique de ces routes aurait été réalisée entre -109 av J-C et l’an 328 de notre ère. Ces estimations se basant sur la présence d’éléments représentés datant de différentes époque et laissant penser que ce document à été réalisée par étape entre ces différentes dates.

Si l’original n’existe plus, une copie fut réalisée vraisemblablement au XIIIème siècle, cette représentation, appelée Table de Peutinger est considérée comme la première représentation d’un réseau.

En effet contrairement aux cartes routières auxquelles nous sommes habitués, la Table de Peutinger représente les routes de manière schématique à l’instar des plans de métro, indiquant les connexions entre les routes mais aussi les différentes villes présentes sur le parcours.

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Extrait de la Table de Peutinger couvrant une partie des Balkans (cliquer ici pour consulter le document intégral) (Source : Wikimédia)

C’est notamment en partant de cette table et des projets Orbis de l’université de Stanford et Pelagios qui cherchent tous deux à représenter cartographiquement ces voies romaines que Sasha Trubetskoy étudiant à l’université de Chicago a décidé de créer sa propre représentation.

A l’inverse des projets Orbis ou Pelagios, Trubetskoy a souhaité continuer la logique schématique de la Table de Peutinger en représentant les voies romaine sous la forme d’un plan de métro.

Représentation des voies romaines de Sasha Trubetskoy (source : Sasha Trubetskoy)

Les codes graphiques caractéristiques des plans de métro sont en effet repris, les lignes sont de couleurs différentes et toutes sont nommées (même si l’auteur reconnait avoir pris certaines libertés en choisissant des noms pour les voies dont le nom est inconnu).

Les angles généralement de 45° et 90° et les longues lignes droites rappellent grandement le plan du métro de Londres (la Tube Map), une des références mondiales dans le domaine de la cartographie voyageur, même si à l’inverse de cette dernière, figure de nombreux éléments géographiques.

Les principales villes qui constituent les arrêts sont symbolisé par un figuré ponctuel, les « correspondances » sont également représentées par un figuré identique à celui du métro de Londres. Il est d’ailleurs assez amusant de constater que les « correspondances » entre Gesoriacum (Boulogne sur mer) et Dubris (Douvres) ainsi qu’entre Baelo Claudia (ancienne cité romaine situé du côté espagnol du détroit de Gibraltar) et Tingis (Tanger) sont représentées par un figuré qui dans un plan de métro indique une correspondance à pied entre deux stations.

Si ce plan des routes romaines ne présente pas un intérêt direct dans la planification d’un voyage, elle permet, de manière amusante et simple, de constater l’influence de l’Empire Romain dans l’organisation du territoire européen puisque de nombreuses routes européennes reprennent ces tracés.

On peut toutefois formuler un petit regret, la non traduction des noms de villes en anglais ce qui rendrait la lecture plus aisée pour les non latinistes.

Sources :

https://www.citylab.com/design/2017/06/a-fantasy-transit-map-of-the-roads-of-ancient-rome/529404/

http://sashat.me

http://www.euratlas.net/cartogra/peutinger/fr_index.html

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